Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 13 juin 2025, Me Alkaly Mohamed Touré, avocat de la Société Afrique Bauxite Corporation (ABC), a vivement critiqué la décision du tribunal de première instance de Kaloum dans l’affaire opposant son client, représenté par M. Alexandre Zotov, à M. Ahmed Kanté. Ce dernier est poursuivi pour abus de confiance et concurrence déloyale.
L’avocat a expliqué que cette rencontre avec la presse visait à clarifier les raisons pour lesquelles la société ABC, à travers sa filiale EBICI, a engagé des poursuites contre Ahmed Kanté, Claude Dorcé et Philippe Rouget. Il a également détaillé les motivations de l’appel interjeté suite au jugement rendu par le tribunal correctionnel de Kaloum, jugement que la partie civile rejette catégoriquement.
Me Touré a rappelé que le procès, qui opposait le ministère public et la société ABC aux trois prévenus, a donné lieu au jugement n°157 du 19 mai 2025. Celui-ci est intervenu après plus d’une année de procédures qu’il qualifie de dilatoires de la part d’Ahmed Kanté.
Selon lui, le verdict a surpris nombre d’observateurs compte tenu des éléments de preuve présentés tant par le ministère public que par la partie civile. Malgré des réquisitions du parquet réclamant trois ans d’emprisonnement ferme, le tribunal a renvoyé les prévenus des fins de la poursuite et invité la partie civile à mieux se pourvoir. Une décision que Me Touré juge incompréhensible et injustifiée. « Ce jugement ne pouvait laisser indifférente aucune âme éprise de justice », a-t-il déclaré, en précisant que sa cliente a interjeté appel avec la ferme conviction que la Cour d’appel de Conakry reviendra sur cette décision.
L’avocat reproche au jugement une dénaturation manifeste des faits. Il estime que les constats de l’instruction et les déclarations faites à l’audience ne se reflètent nullement dans la décision du tribunal.
« Il y a eu une altération des faits dans le but manifeste de servir une cause », a-t-il affirmé. Il dénonce également de graves contradictions dans les motivations du jugement.
Me Touré a notamment pointé l’absurdité, selon lui, de considérer que la société mère ABC, fondée par M. Zotov, n’aurait pas investi dans le projet alors même que sa filiale, ERAGEN Ressources Mining, y est impliquée. Il s’insurge également contre l’idée que M. Ahmed Kanté, présenté comme simple consultant, n’aurait pas eu accès aux données du projet.
> « On ne peut pas être consultant d’un projet minier sans en connaître les données essentielles. C’est illogique », a-t-il martelé.
L’avocat s’est également interrogé sur la légitimité de la création de la société GIC par M. Kanté, qui avait déclaré à l’audience l’avoir fondée dans l’urgence pour « sauver le projet ». Une justification que Me Touré considère comme une nouvelle aberration :
> « Sauver le projet de qui ? En quelle qualité ? Être garant moral d’un projet implique d’en maîtriser tous les aspects, mais cela ne confère pas le droit d’en déposséder le propriétaire légitime », a-t-il dénoncé.
Face à ce qu’il qualifie de « parodie de justice », Me Alkaly Mohamed Touré a confirmé avoir interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry. Il affirme vouloir démontrer, sur le plan technique et juridique, toutes les incohérences de la décision rendue, dans le but d’obtenir justice pour son client.
Mohamed Cissé pour avenirguinee.org



