Le communiqué du ministère du Travail et de la Fonction publique a été officiellement publié, déclarant les journées de lundi et mardi chômées et payées sur toute l’étendue du territoire national. Une décision qui suscite davantage de frustration que de satisfaction.
À cette occasion, la rédaction d’AvenirGuinée a réalisé un micro-trottoir ce lundi afin de recueillir les avis de certains citoyens.
Rencontré au quartier Koloma, dans la commune de Gbessia, M. Alfred Lamah n’a pas caché sa frustration : « Compte tenu de certaines réalités de notre pays, je vois cela comme un gâchis. Dès jeudi dernier, les travailleurs ont été libérés à partir de 12h, voire 13h. Ensuite, on a fêté vendredi. Après la fête, il y a eu le repos du samedi, suivi de celui du dimanche, ce qui aurait largement suffi. Or, on déclare également lundi et mardi fériés… Vous voyez, cela impacte le fonctionnement de certaines entreprises.
Étant donné que notre pays est pauvre, nous avons besoin de travailler. Seul le travail peut nous faire avancer. Mais si nous passons notre temps à faire la fête, quel avenir préparons-nous pour la Guinée ? Même dans les pays très islamisés, les gens reprennent rapidement le travail après la fête. Nous, au contraire, nous continuons à célébrer. Ce comportement doit changer si nous voulons progresser. »
Même son de cloche chez Mohamed Lamine Youla, économiste de profession : « Il faut rappeler que l’annonce est arrivée tardivement, alors que certains travailleurs étaient déjà en route pour se rendre à leur service. Économiquement, cela a un coût. Prenons l’exemple du projet phare du pays, Simandou : actuellement, il est en phase de construction rails, logements, infrastructures. Ce projet doit respecter un calendrier de livraison, et les entreprises minières vont devoir payer doublement leurs employés pendant ces jours chômés. »
Il ajoute : « Il faut être franc : cette décision impactera surtout les élèves. Nous sommes en pleine semaine d’examens, et les épreuves commencent jeudi. Dans notre pays, beaucoup profiteront de ces deux jours pour s’absenter une semaine entière. Du point de vue de l’éducation, cela pénalise les parents, car en Guinée, seuls neuf mois sont payés, mais rarement plus de sept mois sont effectivement enseignés. C’est une véritable perte économique ».
Si M. Lamah et M. Youla partagent une vision critique de cette mesure, M. Camara Alya, quant à lui, la salue positivement : « Prendre ces deux jours pour se reposer est une bonne chose. Avec la ‘mamaya’, tout le monde s’est déplacé. Si les gens rentrent demain, le travail reprendra après-demain, ou au plus tard la semaine prochaine. Ensuite, on travaillera correctement. Donc merci au président pour cette décision. »
Sona Sylla pour AvenirGuinee.org



