La République de Guinée célèbre cette année la 33ᵉ édition du Mois de l’Enfant, un moment phare de réflexion, de plaidoyer et d’action en faveur des droits de l’enfant. À cette occasion, le gouvernement, à travers le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, a procédé ce lundi 2 juin 2025 au lancement officiel des activités à Sonfonia.
Placée sous le thème : « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010 », cette célébration s’inscrit dans la continuité des engagements continentaux à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain.
Le gouvernement guinéen réaffirme ainsi sa volonté de renforcer le cadre légal et institutionnel en matière de protection, de prévention et de prise en charge des violations des droits de l’enfant.
Dans son discours d’accueil, Madame Danssoko, présidente de la délégation spéciale de Sonfonia-Madina, s’est réjouie du choix de sa commune pour abriter cette cérémonie. Elle a salué les efforts du gouvernement et réaffirmé l’engagement de la commune à œuvrer pour un environnement favorable aux enfants.
« Notre commune s’inscrit dans la dynamique de création d’un cadre communautaire propice à la prise en compte des besoins spécifiques des enfants. À travers le programme de renforcement de la gouvernance locale, nous veillons à l’intégration effective des droits de l’enfant dans la budgétisation des collectivités. C’est une responsabilité partagée à tous les niveaux. »
Elle a ensuite rassuré la ministre Charlotte Daffé de la détermination locale à faire des droits de l’enfant une priorité transversale.

Prenant la parole à son tour, Mariame Diallo, présidente du Parlement des enfants de Guinée, a livré un plaidoyer poignant : « Malgré les avancées, les obstacles persistent : l’accessibilité limitée aux services sociaux de base, les inégalités géographiques, et le manque de ressources demeurent des freins majeurs à notre épanouissement. C’est pourquoi nous appelons à un accroissement substantiel des ressources publiques allouées à l’enfance. »
Elle a appelé à une mobilisation collective et à une prise de conscience nationale sur les enjeux liés aux droits de l’enfant, estimant que ces questions doivent être une préoccupation constante.
Dans son allocution de lancement, la ministre Charlotte Daffé, entourée du ministre de l’Enseignement pré-universitaire, de la représentante de l’UNICEF et de la Gouverneure de Conakry, a salué les efforts accomplis tout en pointant les défis persistants : « Quand un enfant est protégé, c’est toute une société qui respire. Mais quand il est oublié, c’est une nation entière qui s’essouffle. »
Elle a rappelé que plus de 54 % des enfants en Guinée vivent dans la pauvreté, avec près de 90 % en milieu rural subissant des privations multiples (éducation, santé, logement, eau, etc.), selon une étude de 2023.
La ministre a ensuite présenté le paquet d’actions prévues pour le Mois de l’Enfant 2025 :
- Plaidoyer pour une augmentation des allocations budgétaires destinées à l’enfance ;
- Soutien renforcé au Parlement des Enfants de Guinée ;
- Prévention et réponse aux violences faites aux enfants ;
- Réunification familiale et retrait des enfants en situation de rue ou de mendicité.
« Ce programme s’inscrit dans le cadre de la Vision nationale Simandou 2040, qui propose une réponse multisectorielle et globale aux défis de développement, notamment en matière d’enfance. »
Pour mémoire, la célébration du Mois de l’Enfant en 2024 avait permis :
- L’identification de 5 236 enfants à risque d’abandon scolaire ;
- La distribution de kits scolaires à 1 709 d’entre eux ;
- L’organisation de la première immersion du Parlement des Enfants à la Primature et dans plusieurs ministères ;
- Un appui important en vivres et non-vivres aux orphelinats du pays.

Cette nouvelle édition s’annonce donc comme une étape cruciale dans l’ancrage budgétaire et politique des droits de l’enfant en Guinée.
Ibrahima Sory Camara – avenirguinee.org
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