À l’approche de la fête de la Tabaski, les marchés à bétail s’animent à travers le pays. À Tanènè Yimbaya, l’un des lieux du commerce de bétail à Conakry, les prix grimpent, notamment pour les moutons locaux, désormais proposés entre 4 et 5 millions de francs guinéens. Une réalité que confirment les acteurs du secteur rencontrés ce lundi 2 juin par la rédaction d’Avenirguinee.
Mamoudou Aliou Barry, marchand de bétail installé à Tanènè, revient d’un récent voyage au Mali. Il y est allé s’approvisionner en moutons, comme chaque année : « Je suis rentré du Mali jeudi dernier, j’étais parti acheter des moutons pour les revendre ici. Les clients choisissent en fonction de leurs préférences. Certains achètent des moutons, d’autres même des chèvres. Ce qu’il faut savoir, c’est que les moutons guinéens coûtent plus cher que ceux du Mali », dit-il.
Selon lui, les prix varient fortement en fonction du taux de change entre le franc guinéen et le franc CFA, ce qui rend le commerce du bétail encore plus sensible à la conjoncture économique sous-régionale :
« L’année dernière, on vendait les moutons maliens à partir de 2 millions jusqu’à 3 voire 4 millions selon la taille. Cette année, le taux de change a augmenté : on est passé de 74 000 à 95 000 francs guinéens pour 100 000 CFA. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on ne peut plus trouver un mouton malien à moins de 2,5 millions. »
Mais paradoxalement, ce sont les moutons élevés en Guinée qui atteignent les prix les plus élevés. Pour Mamoudou Barry, cela s’explique par la rareté de l’offre locale et le manque de soutien structurel à l’élevage : « L’année passée déjà, les moutons guinéens étaient plus chers que les maliens. Le prix démarrait à 4 millions. Cette année, on s’attend à ce que cela monte à 4,5 millions, voire plus. Tout dépend des éleveurs, mais aussi du manque de production locale en quantité suffisante. »
Face à cette situation, le vendeur interpelle l’État sur la nécessité d’investir davantage dans le secteur de l’élevage : « Nous demandons au gouvernement de prendre ce problème au sérieux, d’investir dans l’élevage pour soutenir les éleveurs et les vendeurs. Si l’on produisait assez localement, nous n’aurions plus besoin de nous déplacer, et cela reviendrait moins cher pour les consommateurs guinéens. »

Dans un contexte marqué par une forte inflation et des revenus en baisse pour de nombreux ménages, cette flambée des prix à la veille de la fête constitue une inquiétude supplémentaire pour les familles guinéennes qui souhaitent perpétuer la tradition du sacrifice rituel.
Sona Sylla pour avenirGuinee.org



