Poursuivie pour trafic international de drogue à haut risque, notamment de la cocaïne, Le procès de Djenabou Condé s’est poursuivi ce mardi 27 mai 2025 devant le tribunal criminel de Mafanco. Elle est en détention préventive à la maison centrale de Conakry depuis le 3 décembre 2024.
L’audience du jour a été marquée par les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, des moments décisifs dans cette affaire à fort retentissement.
Dans ses réquisitions, le procureur Kanfory Ibrahima Camara a été catégorique. Il a demandé au tribunal de retenir Djenabou Condé coupable des faits qui lui sont reprochés et de la condamner à 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une amende de 500 millions de francs guinéens.
« En partance pour la Tunisie, elle transportait 42 boulettes : certaines dissimulées dans ses chaussettes, d’autres ingérées. Elle a elle-même reconnu avoir avalé 20 boulettes, avec l’aide d’une de ses connaissances, Fanta Soumah, qui l’a initiée à cette opération », a rappelé le procureur, soulignant la gravité de l’infraction.
Il a insisté sur le fait que l’accusée avait agi en connaissance de cause, avec préméditation, et que de tels actes méritaient une peine exemplaire pour dissuader d’éventuels trafiquants.
Face à cette réquisition sévère, l’avocat de Djenabou Condé a plaidé pour la clémence du tribunal, évoquant une situation personnelle et sociale difficile. Selon lui, l’accusée a été piégée par la misère et le désespoir.
Il a demandé au tribunal de ne pas se limiter à la sanction, mais de considérer également la possibilité d’une réinsertion sociale :« Une mère ferait tout pour ses enfants, même au prix de sa liberté. Monsieur le président, tout n’est pas que punition. On peut aussi opter pour l’éducation, la réhabilitation, la seconde chance. »
À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, le président du tribunal, Souleymane I. Traoré, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu pour le 10 juin 2025.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



