Ces derniers jours, les marchés guinéens sont frappés par une crise du ciment, entraînant une flambée des prix des sacs. Les vendeurs pointent du doigt le projet de construction du méga projet Simandou, en cours de réalisation, comme principal facteur de cette pénurie.
Ce mardi 27 mai 2025, notre rédaction s’est rendue à la rencontre des briquetiers pour savoir si leur secteur est également impacté par cette crise. Aboubacar Bah, briquetier à Conakry, confirme subir de plein fouet les conséquences de cette pénurie et en appelle aux autorités.
« La rareté fait la valeur », dit un célèbre dicton. Cela reflète bien la situation actuelle du ciment. Cet ingrédient essentiel pour notre travail est devenu aussi précieux que de l’or en poudre, mais de couleur grise. Sa rareté paralyse notre activité, et pourtant, c’est de cela que nous vivons. »
Selon lui, même la qualité du ciment disponible sur le marché a changé : « Le ciment que nous utilisions avant n’est plus le même. Celui d’aujourd’hui est différent et difficile à trouver. C’est un vrai problème », a-t-il confié, ajoutant que cette situation entraîne également une hausse des prix.
« Avant, une brique sans livraison coûtait 4 000 FG. Avec livraison, on la faisait à 4 500 FG. Aujourd’hui, c’est monté à 5 000 FG, et les clients se plaignent du coût. Cela nous fait perdre des clients, mais on n’a pas d’autre choix que de rester dans ce métier, car nous n’avons pas d’autres moyens pour subvenir à nos besoins. »
Enfin, Aboubacar Bah adresse un message aux autorités : « Nous demandons aux autorités de fournir un ciment de bonne qualité, accessible à tous. Il y a beaucoup d’infrastructures en cours, notamment le projet Simandou et le stade, qui consomment aussi du ciment. Qu’elles pensent à nous et nous aident. »
À noter que cette crise du ciment est inédite et suscite de nombreuses inquiétudes dans les secteurs qui en dépendent.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



