Depuis plus de quatre mois, les prix du ciment et du sable connaissent une hausse significative sur le marché guinéen. Si auparavant un sac de ciment coûtait entre 60 000 et 70 000 francs guinéens, il se négocie désormais entre 85 000 et 100 000 FG, selon les zones. Cette flambée des prix affecte les vendeurs comme les consommateurs.
Rencontré dans un point de vente à Conakry, Mohamed Camara, vendeur de ciment et de sable, attribue cette hausse à la mobilisation des moyens logistiques pour les besoins du grand projet Simandou.
« Le prix du ciment a considérablement augmenté. Aujourd’hui, on vend le sac entre 85 000 et 95 000 FG, voire 100 000 dans certains quartiers. Avant, c’était 70 000 à 75 000. Cette hausse est liée au projet Simandou. Tous les camions qui transportaient le ciment depuis les usines sont réquisitionnés pour ce chantier à Maferinyah », explique-t-il.
Selon Mohamed Camara, l’approvisionnement des détaillants devient de plus en plus difficile : « Les usines réservent une grande partie de leur production au chantier de Simandou. Pour nous, vendeurs, obtenir quelques tonnes relève du parcours du combattant. Et même quand on parvient à s’en procurer, les frais de transport ont explosé. Avant, un camion coûtait moins cher. Aujourd’hui, pour 40 tonnes, il faut plus de 6 millions de francs guinéens. C’est intenable. »
Inquiet, le vendeur lance un appel aux autorités : « L’État doit nous venir en aide. À Conakry, beaucoup de gens construisent ou rénovent leurs maisons, surtout avec l’arrivée des grandes pluies. Si les matériaux restent inaccessibles, les travaux s’arrêtent. Nous vivons grâce à ces clients. Il faut que les autorités trouvent une solution pour soulager la population. »
La hausse ne se limite pas au ciment. Le sable est également touché. Toujours selon Mohamed Camara : « Avant, un camion de sable 10 roues coûtait entre 1 500 000 et 1 800 000 FG. Aujourd’hui, il est à 2 500 000 ou 2 700 000 FG, selon le type de camion. Pour les 12 roues, ça peut monter jusqu’à 4 500 000 FG. Un sac de sable se vendait à 5 000 FG. Maintenant, c’est entre 6 500 et 7 000 FG. Par endroits, on peut même atteindre 10 000 FG. Là encore, tout est aspiré par les besoins du chantier de Simandou. »
En conclusion, les vendeurs appellent à une régulation rapide du marché pour éviter une crise plus large dans le secteur de la construction, particulièrement en cette saison pluvieuse où les besoins en matériaux sont cruciaux.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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