Madame Fatoumata Binta Bambadjon Diallo, professeure de gynécologie-obstétrique et ancienne Directrice Générale du CHU Ignace Deen, est décédée lundi 12 mai 2025 à Paris, des suites de maladie. Sa disparition représente une perte immense pour la Guinée, particulièrement pour le secteur de la santé.
Comment cette perte est-elle perçue par les acteurs de la santé en Guinée ? Quel vide laisse-t-elle derrière elle ? C’est à ces questions que le Dr Abdoulaye Kaba, ancien étudiant de la défunte et président de la Coalition Nationale des Professionnels de Santé (CONAPROS), a répondu lors d’un entretien accordé à notre rédaction ce mercredi 15 mai 2025.
Dr Kaba a tenu à rappeler d’entrée les efforts inestimables que le Pr Binta Bambadjon Diallo a fournis pour l’amélioration du système de santé, en Guinée et au-delà.
« Depuis l’annonce de son décès, une profonde tristesse a envahi tout le secteur de la santé. L’émotion est grande quand on mesure l’importance de la personnalité qu’elle incarnait, non seulement pour notre pays, mais aussi pour l’ensemble des systèmes de santé.
Mon hommage s’articulera autour de trois points : D’abord, la relation interpersonnelle entre le professeur Binta et moi, que j’appelais affectueusement ma maman. Ensuite, ce qu’elle représentait pour le pays en termes d’engagement professionnel et social. Enfin, son parcours exceptionnel en tant qu’actrice majeure de notre système de santé », a-t-il déclaré.
Le président de CONAPROS a également évoqué le rôle fondamental qu’elle a joué dans l’évolution de sa structure, Tabala :
« Dès la création de Tabala, elle a été là. Elle s’est investie, elle m’a soutenu, elle a contribué à faire de cette organisation ce qu’elle est aujourd’hui. Elle était une marraine, une source d’inspiration. Le professeur Binta nous a prouvé que le savoir ne doit pas être enfermé. Elle a gravi les échelons, partant du rang de sage-femme jusqu’au statut de professeure agrégée du CAMES. Elle a été médaillée du Travail en Guinée, chevalier de l’Ordre du Mérite, et officier de l’Ordre des Palmes académiques du CAMES. »
Dr Kaba poursuit avec émotion : « Elle n’était pas simplement une intellectuelle, elle dépassait ce statut. Elle représentait tout pour la Guinée. Personnellement, je suis fier de ce qu’elle a transmis à la jeunesse guinéenne. Elle n’a rien gardé pour elle. Elle était une mère pour tous les professionnels de santé.
Construire une carrière est une chose, l’entretenir en est une autre. Elle a su faire les deux, avec des relations qui allaient bien au-delà des frontières de notre pays. »
En conclusion, Dr Abdoulaye Kaba souligne : « Elle laisse un vide énorme dans le milieu de la santé guinéenne. Il est difficile de remplacer une telle femme. Elle était la mère de tous les professionnels de santé. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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