À l’occasion de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, célébrée chaque 3 mai, le Directeur Général du quotidien national Horoya, Ibrahima Koné, a livré une analyse lucide et engagée sur la situation actuelle des médias en Guinée. Dans une interview exclusive accordée à avenirguinee.org ce vendredi 02 mai, il a salué les efforts du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) dans la conduite de la transition, tout en appelant les journalistes à jouer pleinement leur rôle dans la promotion de la cohésion sociale et la sensibilisation citoyenne.
Pour cette édition 2025, l’UNESCO a placé l’intelligence artificielle au cœur des réflexions avec pour thème : « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias ». Une thématique qui tombe à point nommé, selon Ibrahima Koné, dans un contexte guinéen marqué par des défis structurels et sociaux.
Dans son intervention, le Directeur Général du quotidien national Horoya a reconnu les difficultés que rencontrent les journalistes en Guinée, citant notamment les sanctions contre certains médias et la fermeture de plusieurs radios en 2024. « C’est regrettable que des centaines de jeunes journalistes soient aujourd’hui au chômage. Mais il faut aussi comprendre que toute profession obéit à des règles. Lorsqu’elles ne sont pas respectées, des sanctions peuvent tomber », a-t-il affirmé.
Malgré ces difficultés, Ibrahima Koné salue les avancées réalisées par le CNRD, appelant les professionnels des médias à soutenir les efforts de la transition. Il insiste sur le rôle central que doivent jouer les journalistes dans la sensibilisation autour du recensement en cours dans le cadre du processus constitutionnel : « Si vous n’êtes pas recensés, vous ne pourrez pas voter la nouvelle constitution. Et c’est cette constitution qui définira les modalités de sortie de la transition et les futures élections. »
Le DG du journal Horoya a également mis l’accent sur la cohésion sociale et la paix comme piliers du développement. Il a invité les journalistes à relayer les avancées en matière de sécurité, de santé, d’éducation et de formation professionnelle : « Aujourd’hui, la Guinée est un pays où il fait bon vivre. Il y a des centres de métiers ouverts partout pour les jeunes. Il faut que les médias transmettent ces messages. »
En conclusion, Ibrahima Koné se dit optimiste quant à l’état de la liberté de la presse en Guinée : « Elle fait son petit bonhomme de chemin. Je dirais qu’à 80 %, elle est respectée dans notre pays. Les journalistes travaillent dans la paix et la quiétude. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



