La Coalition Nationale des Professionnels de la Santé (CONAPROS), plateforme regroupant des acteurs de la société civile et du secteur médical, a tenu une conférence de presse ce jeudi à Conakry. L’objectif : présenter un aperçu alarmant de son rapport préliminaire sur l’état du système de santé guinéen, dont la version finale sera bientôt soumise aux autorités compétentes.
Le constat est sans appel : le secteur de la santé souffre de graves dysfonctionnements, aggravés par une absence de réformes concrètes depuis le début de la transition le 5 septembre 2021.
« Depuis le 5 septembre jusqu’à ce jour, aucune véritable refondation du système de santé n’a été entamée », déplore Dr Moussa Cissé, membre de la CONAPROS.
Pour lui, une réforme en profondeur du secteur ne peut se faire sans l’implication et la responsabilité des professionnels de santé eux-mêmes : médecins, pharmaciens, biologistes, ingénieurs biomédicaux, sages-femmes, infirmiers ou encore brancardiers.
Le rapport met notamment en lumière de sérieuses défaillances au sein du ministère de la Santé, accusé de ne pas remplir convenablement ses missions. Une mauvaise gouvernance qui impacte directement les structures sanitaires, en particulier les hôpitaux régionaux et préfectoraux.
L’un des chiffres les plus préoccupants du rapport : 77 % des directeurs d’hôpitaux à travers les 33 préfectures du pays occupent leur poste à titre intérimaire, sans nomination officielle.
« On connaît les conséquences d’une telle situation : instabilité, hésitation dans la prise de décisions et souvent un manque d’engagement », alerte Dr Cissé.
Face à cette crise persistante, la CONAPROS lance un appel à la mobilisation de tous les professionnels du secteur et interpelle directement le président de la République.
« Cette cacophonie doit cesser. Il est temps que les professionnels de la santé s’organisent pour sauver ce système malade. Ce cri d’alarme vise à provoquer une prise de conscience nationale sur la nécessité d’une gouvernance sanitaire forte, structurée et orientée vers des résultats concrets », conclut Dr Cissé.
Dans un contexte où les défis sanitaires sont nombreux – accès aux soins, équipements insuffisants, déficit en ressources humaines qualifiées – la Guinée ne peut plus se permettre de naviguer à vue dans la gestion de son système de santé.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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