À la suite de l’annonce du Premier ministre Amadou Oury Bah, évoquant le couplage probable des élections législatives et présidentielle lors d’une rencontre le vendredi 11 avril avec une commission technique de la CEDEAO, les réactions commencent à se multiplier au sein de la société civile guinéenne.
Contacté par avenirguinee.org, l’activiste Moussa Sangaré, président de la CONASOCG, s’est exprimé sur cette éventualité, qu’il juge pertinente sur le plan économique et logistique.
« Du point de vue économique, je salue cette idée. Les élections sont trop budgétivores en Afrique, et particulièrement en Guinée. Imaginez le coût d’une seule élection et le temps que cela prend. Coupler les scrutins permettrait non seulement de faire des économies, mais aussi de gagner en efficacité dans la mobilisation citoyenne », a-t-il déclaré.
Selon lui, la Guinée fait actuellement face à quatre échéances électorales : le référendum constitutionnel, les élections locales, les législatives et la présidentielle. Moussa Sangaré estime qu’un regroupement de certains de ces scrutins est non seulement faisable, mais également souhaitable.
« Même si certains ne considèrent pas le référendum comme une élection, il implique bien un vote. Alors pourquoi ne pas le coupler avec un autre scrutin ? Si on peut réduire à deux rendez-vous électoraux au lieu de quatre, ce serait déjà un pas en avant », a-t-il ajouté.
Revenant sur la faisabilité d’un tel couplage, l’activiste rappelle qu’il ne s’agirait pas d’une première.
« Certains pensent que la Guinée n’a jamais connu de couplage électoral, mais souvenez-vous : le référendum et les législatives ont déjà été couplés par le passé. Ce n’est donc pas un précédent inédit », précise-t-il.
Cependant, Moussa Sangaré insiste sur la nécessité de penser aux réalités des populations à l’intérieur du pays, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux services de base.
« Il faut penser à ceux qui manquent d’eau, de nourriture, de soins médicaux. Les priorités doivent aller vers le développement, tout en intégrant le processus électoral. Dans plusieurs pays, on parvient à organiser des scrutins combinés. Pourquoi pas en Guinée ? », s’interroge-t-il.
Le débat est désormais lancé et suscite des avis partagés. Reste à voir quelle forme prendra cette éventuelle réforme électorale.
Ibrahima Sory Camara Pour avenirguinee.org
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