À travers un décret lu vendredi soir à la télévision nationale, le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a accordé sa grâce au capitaine Dadis Camara, récemment condamné à l’issue du procès des événements du 28 septembre 2009. Cette décision du chef de la transition suscite de vives réactions parmi les hommes politiques et les acteurs de la société civile. Parmi eux figure Edouard Zotomou Kpoghomou, président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP).
Joint au téléphone par la rédaction d’avenirguinee, au lendemain de la publication de ce décret, l’homme politique a, dès le départ, salué cet acte du Général Doumbouya.
« Je pense que, sur le plan humain, c’est une très bonne décision. De toutes les façons, le pouvoir de grâce est un pouvoir discrétionnaire qui revient au président de la transition, surtout lorsque c’est pour des raisons de santé. À ce niveau, je pense que c’est une bonne chose, et nous le remercions sincèrement », a-t-il déclaré.
Sur le plan politique, le collaborateur du leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, au sein de l’ANAD, a analysé la décision présidentielle sous un autre angle.
Pour lui, « tout porte à croire que cet acte est beaucoup plus orienté vers un objectif de renforcement de la popularité du Général Doumbouya en Forêt, puisque Dadis reste une figure très populaire dans cette région. Si on peut obtenir le soutien de cette personnalité influente, cela ne peut être négligé », a-t-il ajouté.
Bien qu’Edouard Zotomou salue l’acte, il estime toutefois que politiquement, « c’est une façon d’acheter la Forêt » à l’approche de l’élection présidentielle à laquelle le Général Doumbouya pourrait prendre part.
« Pour des personnes qui peuvent être facilement influencées et enthousiasmées par un événement de ce genre, comme le retour de leur fils de prison, je crois que les calculs politiques n’iront pas jusqu’à ce niveau-là. Mais derrière, certains diront que la population est désormais acquise à Dadis, alors que les analyses politiques ne vont pas dans ce sens. C’est une façon d’acheter la Forêt, soyons clairs politiquement parlant. Si Dadis n’était pas en prison et n’était pas une figure influente, cela n’aurait pas eu lieu. Pourquoi lui seulement ? C’est parce qu’il reste une personnalité importante en Forêt. Sinon, il y a de nombreux autres fils de cette région qui croupissent en prison, comme Tierboro, Pivi et d’autres. Cette mesure aurait pu s’étendre à eux aussi. On peut se réjouir pour Dadis, mais on ne peut pas ignorer l’aspect politique de la chose », a-t-il précisé.
Après cette grâce, l’ancien chef de la transition de 2009 a regagné son domicile ce samedi matin à Lambayi, en haute banlieue de Conakry.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



