Abdoul Karim Camara, vendeur d’ardoises en bois au marché d’Entag dans la commune de Tombolia, déplore le manque de clients et le déclin de cet outil traditionnel. Autrefois très prisée en Afrique, l’ardoise en bois était principalement utilisée pour l’enseignement des jeunes garçons dans les écoles coraniques. Aujourd’hui, confrontée à la modernisation et à la montée en popularité des tablettes numériques, cet outil ancestral est en voie de disparition, notamment à Conakry. Pourtant, quelques fabricants et vendeurs continuent de résister dans la capitale guinéenne.
Pour en savoir plus, notre rédaction a rencontré vendredi 21 mars, Abdoul Karim Camara. Au cours de notre échange, il a souligné l’importance historique et culturelle de l’ardoise en bois.
« L’ardoise en bois a beaucoup d’importance. Depuis le temps de nos ancêtres, c’est avec ça qu’ils travaillaient ; c’est à l’aide de cette ardoise que nous apprenions dans les écoles coraniques au village », a-t-il déclaré.
Au-delà de son usage éducatif, l’ardoise en bois a d’autres fonctions dans la culture locale. Abdoul Karim précise : « Les Karamoko l’utilisaient pour écrire des versets coraniques, réaliser des talismans, et pour divers rituels. Elle a joué un rôle important dans nos sociétés. Grâce à elle, tous les musulmans s’améliorent dans le système arabe. »
Vendeur depuis huit ans, Abdoul Karim a bénéficié de son métier, qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. « Je n’ai pas eu beaucoup d’avantages, mais j’ai tout de même pu nourrir ma famille. J’appelle tous les parents à venir chercher cet objet pour qu’ils découvrent sa valeur. C’est à travers cette ardoise que les enfants apprennent à lire en arabe dans les écoles coraniques et à faire leurs prières », ajoute-t-il.
Cependant, il déplore le manque de clients, surtout en dehors des vacances scolaires. « Il n’y a pas de marché actuellement, sauf pendant les vacances. C’est à ce moment-là que beaucoup de gens viennent acheter cet objet. Nous ne sommes pas nombreux, et plusieurs de mes collègues se sont retirés de la vente. Je me contente du peu que je gagne », explique-t-il.
Concernant les prix, notre interlocuteur précise : « Le prix varie selon la taille. Par exemple, celle-ci se vend à 30 000 francs guinéens, mais le prix commence à 20 000 francs. »
Face à la modernisation, l’avenir de l’ardoise en bois semble incertain, mais Abdoul Karim reste déterminé à continuer son activité et à promouvoir cet outil essentiel de la culture ancestrale.
Sékou Camara pour avenirguinee.org



