Le collectif des avocats des victimes et des parents des victimes de la tragédie survenue au stade du 3 avril de Nzérékoré a animé une conférence de presse ce vendredi 21 mars à la Maison commune des journalistes. Cette rencontre avec la presse avait pour toile de fond : « Tragédie du 1er décembre au stade du 3 avril de Nzérékoré : Actes déjà posés, Annonce des actions futures et État des victimes ». L’objectif était de faire le point sur l’évolution du dossier des victimes, tout en interpellant l’État afin qu’il prenne cette affaire comme une priorité.
« Nous voulons attirer l’attention de l’État sur le mutisme et le silence observés par le parquet du tribunal de première instance de Nzérékoré suite aux événements survenus au stade de Nzérékoré, et ce, malgré le dépôt de la plainte formulée par notre collectif. Nous voulons passer par ce point de presse pour inciter l’autorité, à tous les niveaux, à agir ou réagir conformément au pouvoir qui lui est reconnu par la loi, en fonction de sa position au sein de la hiérarchie judiciaire, administrative et politique de façon générale », a déclaré Me Paul Lazard GBILIMOU, l’un des avocats des victimes.
Concernant l’évolution de cette plainte, l’avocat a révélé le refus du procureur d’accorder une suite à ce dossier.
« L’état des lieux est que depuis le 10 décembre, le parquet a été saisi d’une plainte. Durant toute la semaine, nous n’avons vu aucune suite. Et verbalement, le procureur de la République nous a déclaré qu’il n’entend poser aucun acte. Nous avons donc estimé que le dossier a été classé sans suite », a-t-il ajouté, déplorant le silence qui entoure cette affaire.
« Et lorsqu’il en est ainsi, si le parquet, représentant du ministère public, avait pris la peine de nous aviser par écrit, il aurait pu, comme la loi l’exige, nous informer afin que nous puissions nous constituer partie civile devant le juge d’instruction. Mais puisque cela n’a pas été fait, cela ne nous empêche pas de nous constituer partie civile », a-t-il précisé.
Le collectif des avocats des victimes n’entend pas en rester là. Dans quelques jours, un courrier sera adressé au procureur général, a informé Me Paul Lazard GBILIMOU.
« Nous allons donc saisir le procureur général pour obtenir de sa part des injonctions à l’adresse du procureur de la République. Cela n’engage que nous, car rien ne nous garantit qu’il agira, et nous n’avons aucun pouvoir sur le procureur général. Cela relèvera de son savoir-faire en tant qu’acteur principal de la justice pénale dans le ressort de sa juridiction. Il ne le fera que parce que c’est la mission que le peuple de Guinée lui a confiée », a-t-il ajouté.
En décembre dernier, plus de 50 Guinéens ont perdu la vie au stade du 3 avril de Nzérékoré lors d’un tournoi organisé pour exprimer le soutien aux autorités de la transition. Malheureusement, à ce jour, les résultats de l’enquête annoncée n’ont toujours pas été rendus publics.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



