Depuis quelque temps, les conducteurs de transports urbains se plaignent d’une pénurie de petites coupures de 1000 francs guinéens, un problème qui entraîne parfois des tensions, voire des altercations, entre chauffeurs et passagers.
Ce lundi 17 mars, notre rédaction est allée à la rencontre de plusieurs conducteurs qui font face à cette difficulté quotidienne pour en savoir plus sur les répercussions de ce problème dans leur travail.
Maître Mamoudou Kaba, chauffeur de la ligne Sangoyah-Lamabayi, a partagé ses préoccupations concernant cette pénurie de petites coupures : « Aujourd’hui, les petites coupures de 1000 francs sont de plus en plus rares parmi nous, les conducteurs. Cela crée de véritables problèmes avec les passagers. Les billets de 2000 sont faciles à gérer, mais les coupures de 1000, c’est un vrai casse-tête. Quand un passager monte dans le véhicule, il faut absolument lui rendre sa monnaie. C’est pourquoi, de plus en plus, avant même de monter, les passagers nous avertissent directement qu’ils n’ont pas de monnaie de 1000, et ils veulent savoir si c’est un problème ou pas. C’est devenu une situation difficile pour nous. Parfois, avant même de sortir, on peut avoir de la monnaie jusqu’à 50 000 francs, mais après un ou deux voyages, les difficultés commencent avec les passagers. Parfois, cela peut mener à des confrontations violentes à cause de la monnaie. »
De son côté, Hamidou Diallo, chauffeur de la ligne Aéroport-Kipé, a rapporté une situation similaire : « Nous, sur la ligne Aéroport-Kipé, même si un passager descend à Bambeto, il doit payer 4000 francs. Mais, à chaque montée, on nous dit qu’il n’y a pas de monnaie de 1000. Soit on accepte cette situation, soit on ne monte pas. Si un passager insiste, il peut se retrouver dans un conflit avec nous. Certains sont prêts à aller jusqu’au syndicat pour résoudre le problème, car cela fait partie des règles. C’est pourquoi nous demandons à l’État d’aider la population à obtenir des petites coupures de 1000, car cette situation est vraiment difficile. Chaque jour, nous sommes en conflit avec les passagers qui ne peuvent pas rendre la monnaie. »
Face à ces témoignages, les conducteurs appellent à une intervention de l’État pour résoudre cette pénurie de petites coupures et éviter les tensions croissantes entre chauffeurs et passagers.
Sekou Camara pour avenirguinee.org



