Réélue le 2 mars 2025, après quatre années de mandat, Madame M’Bambe Sakho, Présidente de la Fédération Aquatique de Guinée (FAG) depuis plus de 10 ans, nous a reçus à son domicile. L’objectif de cet entretien était d’évoquer sa gestion à la tête de la FAG et ses projets pour les quatre prochaines années. Cette interview a été réalisée à la suite du congrès électif de la Fédération.
Dès le début de l’entretien, M’Bambe Sakho s’est dite très satisfaite de son bilan : « Le bilan n’a pas été mauvais. D’autant plus qu’il y a eu une série de formations : sur la bonne gouvernance, sur le leadership, et sur l’antidopage. Vous savez, c’est un sujet important dans le milieu sportif. Nous avons également abordé la violence basée sur le genre. Et, une formation a été dédiée aux techniciens, sur l’arbitrage de compétitions nationales et internationales, ainsi que sur l’entraînement, avec une initiation à la natation et aux quatre nages : la nage libre, la brasse, le dauphin et le dos crawlé. En moyenne, une quarantaine de techniciens sont formés chaque année. La Fédération Internationale de Natation, désormais appelée ‘World Aquatics’, nous aide à organiser ces formations. »
Elle a poursuivi, en exprimant sa satisfaction : « Il y a eu aussi des plaidoyers auprès de certaines personnes de bonne volonté, notamment nos partenaires de premier plan, le ministère en charge des Sports, et le Comité National Olympique et Sportif Guinéen. Nous avons pu réaliser notre programme annuel, incluant le championnat inter-scolaire, le championnat national junior et senior, ainsi que des camps d’entraînement durant les trois mois de vacances. Nous avons initié des activités pour les enfants de moins de 12 ans, un coaching pour ceux de 2 à 18 ans. Depuis plus de 5 ans, nous avons aussi développé la natation en eau libre, notamment à Kassa. Chaque année, nous organisons des compétitions et offrons des récompenses pour les 10 premiers gagnants. Malgré les difficultés liées au financement, la Guinée est présente aux rencontres internationales grâce à l’aide du département des sports, du Comité National Olympique et Sportif Guinéen, ainsi que de quelques rares sponsors. »
En abordant les difficultés rencontrées, la Présidente de la FAG a déclaré : « Il y en a. Parfois, lorsque la Guinée est sélectionnée pour une compétition internationale, nous devons, à la dernière minute, chercher des fonds et des bonnes volontés pour envoyer un athlète et son encadrant. Il n’y a pas de subvention systématique pour les fédérations, et en l’absence de moyens, les enfants sont bloqués. L’un des grands obstacles reste l’absence d’infrastructures sportives. Pour la natation, il faut des infrastructures adaptées. »
Présidente de la FAG depuis plus de 10 ans, M’Bambe Sakho a évoqué les leçons apprises : « D’abord, il y a les conseils de mon prédécesseur, M. Amadou Camara, qui était secrétaire général du Comité Olympique et Sportif Guinéen et Président de notre fédération. Il m’a toujours dit de respecter les aînés tout en amenant de la jeunesse et en intégrant les femmes. Aujourd’hui, la Fédération Aquatique de Guinée s’est rajeunie. Sur les 13 membres, 5 sont des femmes, et parmi ces 5, 3 sont jeunes. Nous réussissons à rajeunir tout en respectant les aînés, car ce sont des bibliothèques de savoir. »
Récemment réélue, M’Bambe Sakho a exprimé sa reconnaissance envers les membres statutaires de la fédération : « Je ressens une immense joie et fierté. Je suis reconnaissante envers mon prédécesseur, de qui j’ai beaucoup appris. Il m’avait dit de rajeunir tout en respectant les aînés. C’est une grande source de réconfort pour moi de continuer à travailler pour consolider les acquis et poursuivre la formation continue, que nous suivons parfois deux fois par an. L’objectif est aussi de continuer le plaidoyer auprès du département des Sports pour que la natation soit institutionnalisée. »
Concernant la limitation des mandats, qui est un problème majeur pour de nombreuses fédérations, Madame Sakho a précisé : « Non, la Fédération Internationale permet trois mandats successifs. Après ces trois mandats, il n’est plus possible de continuer. Cela respecte les règles de la Fédération Internationale de Natation. Lors de ma réélection, j’ai obtenu 13 voix pour, 3 abstentions et 2 votes contre. Même si j’avais eu 9 voix, à mon humble avis, j’aurais été élue. Je vais me concentrer sur mes relations et mes connaissances, afin de préparer la transition pour que celui ou celle qui me succèdera n’ait pas de difficultés. »
Interrogée sur ses objectifs pour les prochaines années, Madame Sakho a répondu : « Le principal objectif est d’organiser le championnat international de natation en eau libre, que nous avons obtenu, les Championnats Africains de Zone 2, qui se dérouleront du côté des îles de Kassa. C’est un grand défi pour notre bureau et pour moi personnellement. Nous continuerons également à participer aux meetings internationaux, en envoyant un nombre important d’athlètes pour représenter la Guinée. Nous devons également nous organiser pour bien encadrer nos athlètes, afin qu’ils puissent nous représenter de manière efficace à l’international. »
Elle a ajouté : « Je remercie sincèrement les autorités. Depuis un certain temps, elles font des efforts considérables. Cependant, chaque fois qu’un dossier de la Fédération Aquatique de Guinée n’aboutit pas, c’est en raison du manque de moyens. Nous avons besoin d’efforts supplémentaires, notamment pour nous doter d’infrastructures sportives, ou pour rénover celles qui existent. Il est essentiel de se donner la main pour développer la natation en eau libre et organiser un championnat africain de natation en eau libre, réunissant les 24 pays de la Zone 2. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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