Depuis le 16 août 2024, les bus des transport urbain Albayrak sont à l’arrêt, plongeant plus de 345 travailleurs dans le chômage. À ce jour, leurs salaires restent impayés par la société, ce qui a exacerbé leur précarité.
Ce lundi 19 mars 2025, notre rédaction a rencontré le syndicat des travailleurs de la société de transport Albayrak. Selon Ibrahima Sory Camara, représentant du syndicat, « depuis l’arrestation des bus, nous, les travailleurs, souffrons énormément. Aujourd’hui, certains de nos collègues ont été délogés, d’autres ont dû se séparer de leurs familles faute de moyens. Vous savez, vivre à Conakry sans rien faire pendant six mois est très difficile. Le mois dernier, certains de nos camarades passaient la nuit dans les bus garés dans les gares. Un jour, des officiers sont venus les interroger sur les raisons de leur présence, et c’est moi qui suis allé témoigner pour garantir leur sécurité. D’autres n’ont même plus la possibilité d’envoyer leurs enfants à l’école. C’est une situation de plus en plus insupportable. Même les mois où nous avions travaillé, nos salaires ne nous ont pas été versés. Nous avons besoin de cet argent pour subvenir aux besoins de nos familles. »
Concernant les démarches entreprises, le syndicat indique avoir multiplié les initiatives, sans succès. « Un jour, nous avons rencontré M. le ministre des Transports pour lui exposer notre situation. Il nous a dit de patienter, que d’ici janvier 2025, les nouveaux bus arriveraient, et que nous, les anciens travailleurs d’Albayrak, serions les premiers à reprendre le travail, contrairement à ce qui s’est passé à Fria. Mais depuis, rien n’a changé, et la situation devient de plus en plus inquiétante. Nous avons également sollicité la section syndicale pour obtenir nos salaires. Quel que soit le retard des autorités, c’est avec les Turcs qu’il faut discuter, car ce sont eux qui doivent nous rembourser nos six mois de salaires. »
Enfin, le syndicat demande aux autorités de les aider à récupérer les salaires dus et à reprendre leur activité. « Nous demandons à être aidés, notamment durant ce mois de Ramadan. La plupart d’entre nous sommes pères de famille. Aujourd’hui, nous sommes tous au chômage, et beaucoup d’entre nous ont même divorcé à cause du manque de travail. D’autres n’ont plus de toit. Nous ne demandons qu’à nourrir nos familles et à vivre dignement. »
Toutes nos tentatives pour rencontrer un responsable de la société Albayrak Transport sont restées sans suite.
À suivre
Sékou Camara pour avenirguinee.org



