Les cas d’enlèvements sont devenus monnaie courante en Guinée ces derniers temps. Le dernier en date a eu lieu ce mercredi aux environs de 4h du matin, lorsqu’Abdoul Sacko, un activiste de la société civile, a été enlevé de son domicile. L’homme a été conduit vers une destination inconnue, plongeant sa famille et ses proches dans l’inquiétude la plus totale.
Me Almamy Samory, avocat de l’activiste, s’est rendu sur les lieux de l’incident, notamment à son domicile.
Dans sa prise de parole, il a précisé que cet enlèvement n’était pas une surprise, car une plainte avait déjà été déposée au procureur de Dixinn pour menace de disparition forcée. « Nous nous attendions à cela, car Abdoul Sacko recevait des menaces de manière régulière. C’est un cas qui ressemble à beaucoup d’autres cas d’enlèvements », a-t-il expliqué.
En se basant sur les déclarations recueillies auprès de la famille et du voisinage, Me Almamy Samory a exclu toute hypothèse de banditisme. « Les informations que j’ai reçues de la famille et du voisinage nous conduisent à exclure l’idée d’un acte de banditisme. Ceux qui sont venus l’enlever étaient des personnes encagoulées, vêtues de tenues en treillis, armées et transportées dans des véhicules V-8 blindés », a-t-il détaillé.
L’avocat a également dénoncé la violence et le mode opératoire des ravisseurs. « Le voisinage a été interpellé, certains ont été ligotés pour qu’on leur montre le domicile d’Abdoul Sacko, même avec ses photos en main. Le mode opératoire est extrêmement dangereux : n’ayant pas pu défoncer la porte, ils ont perforé le plafond pour pénétrer dans la maison. C’est là qu’ils l’ont capturé, giflé, ligoté et emporté », a-t-il déploré.
Face à cette situation, Me Almamy Samory a rapidement contacté le procureur de Dixinn. « Lorsque j’ai appelé le procureur, il n’était même pas informé de l’incident et semblait surpris. Nous allons nous rendre dans les différents services de gendarmerie et de police, en espérant le retrouver là-bas. Nous ne voulons pas que cette longue liste de disparitions forcées continue de s’allonger », a-t-il conclu.
Ousmane Sylla pour avenirguinee.org



