Depuis sa création en 1997 sous le régime du feu Général Lansana Conté, l’abattoir de Matoto est devenu l’un des plus grands de la capitale. Cependant, en attendant la fin des travaux de l’abattoir de Kagbélen, actuellement en construction, les responsables de cet abattoir, qui approvisionne Conakry en viande propre et saine, sont confrontés à d’énormes difficultés pour exercer leur métier dans de meilleures conditions.
Ce mardi 11 février 2025, notre rédaction a rencontré des responsables de l’abattoir de Matoto pour mieux comprendre les défis auxquels ils font face.
Le secrétaire général de la coopérative des bouchers de Matoto, Bilal Sow, a commencé par rappeler l’histoire de cet abattoir : « La coopérative des bouchers de Matoto a été créée en 1997, sous le régime du feu Général Lansana Conté, avec l’implication de l’ex-maire de Matoto, Mamadouba Camara, et de l’organisation du ministère de l’Élevage et de l’Agriculture de l’époque. Nous avons signé tous les documents officiels pour devenir une coopérative. Depuis ce jour, nous sommes là, travaillons, et nous nous contentons de la petite recette que nous générons pour réaliser les travaux que vous avez pu constater ici. Nous avons soumis plusieurs projets aux gouvernements successifs — plus de cinq projets — mais, malheureusement, aucun soutien substantiel n’a été apporté. La seule aide que nous avons reçue remonte à l’époque du feu Général Lansana Conté, sous forme d’une brouette, de trois balais en bois et de pelles, et c’est tout. Tout ce que vous voyez ici a été réalisé par nos propres moyens, y compris le pont et les caniveaux. Avant la construction du caniveau, quand il pleuvait, l’eau montait parfois jusqu’à la poitrine, et de nombreuses viandes tombaient dans l’eau sale. »
Bilal Sow a ensuite évoqué les difficultés liées à la saison des pluies : « Pendant la saison des pluies, nous restons dans les hangars, et les bœufs restent sous la pluie, matin et soir. Nous avions souhaité aménager ici un parc moderne, bien que nous sachions que le gouvernement ne peut pas tout faire pour nous. Heureusement, le président de la délégation spéciale de Matoto est venu et a proposé de construire des douches modernes ici, travaux qui ont d’ailleurs commencé hier. Avant cela, nous utilisions une douche locale depuis près de 30 ans. Il nous a également promis son soutien pour aménager un parc moderne pour le stationnement des bœufs. »
Le secrétaire général a également lancé un appel à l’attention du gouvernement : « Nous demandons que le président de la transition, le Général Mamady Doumbouya, que nous soutenons, nous aide à réaliser nos besoins, afin que cet abattoir devienne un abattoir moderne, capable de fournir à la population une viande saine et propre. Bien que les gouvernements passés nous aient permis d’exercer ici et nous aient autorisé à rester sans problème, nous n’avons jamais reçu d’aide concrète. Nous payons toutes nos taxes et nous avons tous les reçus des paiements effectués, mais en termes d’aide, c’est le vide. Les travaux que vous voyez ici, y compris le hangar et les boutiques, ont été réalisés par nos propres moyens. »
Bilal Sow a conclu en soulignant l’importance de l’abattoir de Matoto pour Conakry : « L’abattoir de Matoto est l’un des plus grands de la capitale, et nous avons la capacité d’abattre plus de 100 bœufs par jour. Cependant, nous faisons face à des difficultés majeures qui entravent notre capacité à offrir une viande de qualité aux citoyens de Conakry. Nous appelons le président Mamady Doumbouya à nous aider à moderniser cet abattoir afin qu’il réponde aux normes modernes et puisse continuer à servir la population de manière efficace. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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