L’heure est grave pour les enseignants-chercheurs, chercheurs, homologues et contractuels du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI). Plusieurs crises demeurent non résolues, menaçant directement le bon fonctionnement et l’efficacité du secteur. Ces problèmes majeurs, qui affectent tous les acteurs du système académique, nécessitent une intervention immédiate et des solutions durables.
Les crises à résoudre
Parmi les principales problématiques, on retrouve :
Les retards dans le virement des fonds destinés aux enseignants-chercheurs en formation, aussi bien en Guinée qu’à l’étranger. Ces retards aggravent la situation financière des bénéficiaires, mettant en péril leur parcours académique.
Le cas des enseignants-chercheurs non reclassés, laissés dans une précarité constante malgré leurs diplômes et compétences, ce qui nuit à leur motivation et à leur contribution au système éducatif.
L’exclusion des homologues de certaines institutions d’enseignement supérieur (IES), de centres de recherche scientifique (IRS) et de centres de documentation et d’information (CDI), une décision qui soulève des préoccupations d’équité et d’égalité des chances.
La précarité des contractuels temporaires, titulaires de diplômes de licence, master ou équivalents, travaillant au cabinet du MESRSI. Ces derniers attendent toujours une régularisation de leur statut, situation qui crée un malaise parmi les jeunes diplômés.
Les enseignants Ph.D récemment recrutés, qui dénoncent des inégalités salariales flagrantes par rapport à leurs homologues étrangers. Cette situation discrimine certains chercheurs et met en péril l’attractivité du secteur.
Les conséquences des dysfonctionnements
Les retards de paiement des fonds destinés à la formation des enseignants-chercheurs mettent gravement en danger leur capacité à poursuivre leurs études. En effet, de nombreux bénéficiaires se retrouvent dans l’incapacité de couvrir des frais essentiels comme la subsistance, l’hébergement et le transport, risquant ainsi de compromettre leurs projets académiques. Cette situation pourrait également nuire aux objectifs nationaux de renforcement des capacités, pourtant au cœur du développement du pays.
De plus, la disparité salariale entre les enseignants-chercheurs est devenue un problème majeur. Alors que certains enseignants non reclassés perçoivent un salaire inférieur à 3 000 000 GNF par mois, leurs homologues reclassés touchent des salaires pouvant dépasser 8 000 000 GNF, bien que leur niveau de qualification soit équivalent. Cette inégalité est vécue comme une injustice flagrante et fragilise davantage le moral des enseignants.
Les enseignants-chercheurs Ph.D, récemment recrutés par l’État, dénoncent également un traitement discriminatoire sur le plan salarial. Ils estiment que cette différence de traitement entre les chercheurs guinéens et étrangers porte un coup à la valorisation de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur dans le pays.
Appel à une action immédiate
Face à cette situation alarmante, l’Union Syndicale des Enseignants-Chercheurs et Chercheurs de Guinée (USECCG) appelle les autorités compétentes du MESRSI à prendre des mesures urgentes et efficaces pour résoudre ces crises. L’intervention du ministre de l’Enseignement Supérieur, ainsi que des Recteurs, des Directeurs Généraux et des Responsables des Centres de Recherche, est plus que jamais nécessaire pour restaurer la confiance et l’efficacité dans le secteur.
Monsieur le Ministre, votre engagement personnel est requis pour mettre fin à ces dysfonctionnements qui pénalisent gravement les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Guinée. L’amélioration de leurs conditions de travail et de vie est essentielle pour assurer le rayonnement du système éducatif et scientifique du pays.
L’USECCG reste convaincue que le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique est une priorité pour la République de Guinée. En agissant rapidement et de manière concertée, les autorités contribueront à renforcer la position du pays dans le domaine de l’innovation, du savoir et de la compétitivité internationale.
L’Union Syndicale des Enseignants-Chercheurs et Chercheurs de Guinée (USECCG)
Vive l’USECCG ✋
Vive l’Enseignement Supérieur ✋
Vive la Collaboration 🙌
Camarade TELLIANO Alphonse, SG de l’USECCG



