Le 14 janvier dernier, AvenirGuinee.org s’est rendu à la rencontre de Mamadou Oury Barry, un fabricant de caisses locales métalliques, pour discuter de la disparition de cette tradition en Afrique et de l’importance de ces objets dans la préservation des biens précieux.
Autrefois, dans de nombreuses familles africaines, les caisses métalliques étaient des éléments essentiels pour la préservation des objets de valeur : argent, documents importants, vêtements et autres biens précieux. Ces caisses, utilisées quotidiennement, représentaient la sécurité et la confiance, un moyen sûr de protéger ce qui était cher.
Cependant, avec l’arrivée des coffres-forts modernes et le changement des habitudes, l’usage de ces caisses traditionnelles s’est largement réduit, voire disparu. Pour mieux comprendre cette évolution, nous avons rencontré Mamadou Oury Barry, un artisan de Conakry qui, depuis plus de 30 ans, se spécialise dans la fabrication de ces caisses locales métalliques. Dans cet entretien, il partage son expérience et ses réflexions sur la disparition de cette tradition et ses conséquences.
Mamadou Oury Barry nous confie : « Avant, c’était vraiment important de posséder une caisse comme celle-ci. C’était là que l’on mettait de l’argent, des documents, des habits et des objets de valeur. Elles garantissaient une protection contre les souris, mais aussi contre le feu. On disait souvent que même en cas d’incendie, l’argent et les objets précieux à l’intérieur de la caisse resteraient protégés. Mais aujourd’hui, avec l’apparition des coffres-forts, ces caisses traditionnelles ont perdu leur place. Beaucoup de gens préfèrent se tourner vers des produits étrangers, oubliant ainsi notre culture et nos traditions. »
Barry souligne également que l’adoption des produits étrangers, souvent considérés comme plus modernes ou plus sûrs, a conduit à l’abandon des savoir-faire locaux, ce qui appauvrit, selon lui, les communautés locales.
Lorsqu’on lui demande quels sont les avantages qu’il a tirés de son métier, Mamadou Oury Barry répond avec un sourire : « C’est dans ce métier que j’ai construit ma maison à Conakry et au village. C’est grâce à ce travail que je me suis marié, que j’ai pu assurer la scolarité de mes enfants jusqu’à la fin de leurs études. Cette année, je vais même aller à la Mecque pour le pèlerinage. Tout cela, c’est grâce à ce métier que j’exerce depuis plus de 30 ans. »
L’artisan insiste sur l’importance de préserver les traditions, affirmant que même aujourd’hui, de nombreux clients continuent d’acheter ses caisses pour protéger leurs documents et objets de valeur. « C’est notre culture, notre identité, et nous devons en être fiers. Si nous continuons à acheter des produits étrangers, l’argent part ailleurs, et nous restons dans la pauvreté ici », ajoute-t-il.
Malgré son succès dans ce métier, Mamadou Oury Barry fait face à de nombreuses difficultés. « Il y a beaucoup de défis dans ce métier. Par exemple, il faut acheter les tôles dans les usines, les transporter jusqu’ici, ce qui n’est pas facile. Et avec la baisse de la demande, le marché n’est pas aussi prospère qu’avant. Mais c’est comme dans la vie, il faut persévérer. »
Il conclut son entretien en lançant un appel à la préservation des traditions locales : « Je conseille à tout le monde de revenir à ces caisses pour sécuriser vos biens. Elles protègent mieux que certains produits modernes, et elles font partie de notre culture. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



