Depuis près d’une semaine, l’État guinéen déploie des moyens colossaux pour démanteler toutes les zones criminogènes de Conakry. Selon les statistiques, elles sont au nombre de 440 dans la grande agglomération de Conakry, toutes concernées par cette opération.
Après les étapes de Boussoura, Bonfi et Dambondy, les machines de l’État se sont rendues, ce mardi 17 décembre, au quartier Nongo, en haute banlieue de Conakry. Cette opération se déroule sous les yeux du représentant de l’ambassade de la Sierra Leone en Guinée, qui en est témoin oculaire.
Le procureur de la cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, suit de près cette opération. « Suite à la réquisition que nous avons adressée respectueusement à Monsieur le Directeur régional de la gendarmerie de Conakry, le travail se fait normalement selon les directives de notre perquisition », confie-t-il à la presse.
Concernant l’identification de la zone de Bowel, au quartier Nongo, le procureur indique que l’opération a été effectuée ce matin suite à des informations faisant état de scènes de crime dans la zone.
« Hier, pendant la nuit, le service de renseignement m’a informé qu’il y a eu une attaque à main armée dans cette zone. J’ai donc donné des instructions fermes aux responsables régionaux de la police et de la gendarmerie pour procéder au démantèlement systématique de cette zone criminogène », précise le procureur.
« Dans cette zone », souligne le procureur, « il n’y a pas que des Léonais. 95 % de ceux qui habitent dans cette zone sont des Guinéens. Certains ont été interpellés et la procédure sera bientôt déférée au niveau du parquet général », ajoute-t-il.
Fallou Doumbouya rappelle que ce démantèlement des zones criminogènes ne vise pas la communauté léonaise. « Cette opération n’exclut personne. Ceux qui vivent ici, qu’ils soient Guinéens ou non Guinéens, dans toutes les 440 zones criminogènes du Grand-Conakry, des îles de Los jusqu’à Maneah, seront déguerpis. Que ce soient des mineurs, des femmes, des hommes, des Guinéens ou des non-Guéniens, tout le monde sera déguerpi », insiste-t-il.
Pour garantir la réussite de cette mission, le procureur souligne l’importance de la collaboration avec les présidents de délégations spéciales. Il rappelle que « l’article 29 du code révisé des collectivités locales donne à ces délégations un certain nombre de prérogatives, notamment la prévention des infractions ». « Elles doivent veiller à ce que ces zones ne soient pas réinvesties après leur déguerpissement », ajoute-t-il.
Selon le procureur, cette opération s’étendra dans tout le pays, en particulier dans les zones où « la consommation de drogue se fait à ciel ouvert ».
Il a conclu en invitant l’ambassade de la Sierra Leone et tout le peuple de Guinée à comprendre que : « Cette opération ne vise pas les Léonais, mais toutes les personnes qui habitent dans les zones criminogènes. Il y a des Léonais dans les quartiers qui ne sont pas touchés. Cela concerne tout le monde. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



