Dans le but de lutter contre le chômage des jeunes, la délinquance juvénile et d’accompagner les jeunes filles, garçons et veuves vers l’autonomie, Mme Tolno Mabinti Samoura a créé en 2017 une entreprise de multifonction dénommée « Coopérative Yola ». Cette initiative intervient dans plusieurs domaines de formation, notamment la saponification et la pâtisserie, afin de soutenir les jeunes non seulement diplômés mais sans emploi, mais aussi les femmes qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études. Mme Tolno veut ainsi leur permettre de devenir autonomes, de se prendre en charge et de ne plus dépendre d’autrui. L’objectif de sa coopérative est de former 500 jeunes à l’entrepreneuriat.
Ce samedi 14 décembre, notre rédaction est allée à la rencontre de cette jeune dame, devenue un modèle de réussite pour de nombreuses personnes. Lors de notre entretien, Mme Tolno a accepté de partager son expérience et sa vision avec nous.
Une entreprise axée sur la formation et l’autonomisation
« Notre entreprise intervient dans plusieurs domaines de formation, notamment en saponification, pâtisserie et autres secteurs. J’ai offert des formations gratuites aux jeunes pour leur permettre de prendre leur destin en main. En ayant un pied à l’école et l’autre dans le business, cela les empêche vraiment de s’égarer, surtout les jeunes filles. Elles vont pouvoir se prendre en charge et même aider leurs parents. C’est pour cela que nous organisons cette formation gratuite pour les jeunes venant de différentes écoles, afin de leur apprendre l’entrepreneuriat. Nous n’avons reçu aucun soutien, ni du gouvernement ni des bailleurs, mais nous le faisons pour aider ces jeunes à devenir autonomes et contribuer à la création d’emplois. Nous voulons leur montrer qu’on peut être entrepreneur même avec 100 000 francs ; il suffit d’avoir du courage et de la persévérance », explique-t-elle.
Le secret de la réussite : courage et persévérance
Lorsque nous lui demandons quel est le secret de sa réussite, elle répond : « Le secret de la création de notre entreprise, c’est le courage et la persévérance. Même avec de l’argent, si tu n’as pas le courage et la détermination, tu ne vas pas avancer. Il faut surtout aimer ce que l’on fait. L’amour, c’est comme dans un couple : sans amour, il n’y a pas d’évolution. C’est la même chose dans le travail. Sans courage et persévérance, on ne peut pas faire avancer une entreprise. Chez nous, on ne laisse pas ceux qui viennent apprendre. On les accompagne, on les aide à obtenir des documents pour créer leur entreprise, à commencer leur activité, à commercialiser leurs produits, à conserver les produits, et même à trouver les matières premières nécessaires. Nous ne lâchons pas ceux que nous formons. »
Les avantages et les difficultés dans l’entrepreneuriat féminin
Quant aux avantages d’être une femme entrepreneure, elle souligne : « J’ai eu beaucoup d’avantages. Non seulement j’ai construit ma propre maison, je suis indépendante et libre, mais j’ai aussi appris à mes enfants à faire de même. Aujourd’hui, ce sont mes enfants qui prennent en charge l’avenir de la famille. Ils sont à l’école, mais après les cours, ils viennent pour participer aux activités familiales. En ce qui concerne les difficultés, il y en a beaucoup, notamment le manque de matières premières, ainsi que l’absence de financement. Avant 2017, j’ai commencé à Lola à former des femmes à la saponification et à la teinture de manière gratuite. Plus de 10 000 personnes ont été formées, et aujourd’hui, beaucoup d’entre elles ont créé leurs propres entreprises. »
Elle poursuit : « Je n’ai jamais reçu de financement, j’ai fait tout cela seule. Au lieu de donner du poisson aux gens, pourquoi ne pas leur apprendre à pêcher ? Ainsi, ils pourront nourrir leur famille. Nous avons des produits naturels que les gens ne connaissent pas bien, mais nous devons accompagner d’autres pays. Par exemple, on dit au marché que la Côte d’Ivoire a telle marque. On va au Burkina Faso et on voit la promotion de leurs produits. Pourquoi les Guinéens ne devraient-ils pas acheter nos produits pour nous encourager et permettre ainsi la création d’emplois ? »
Un appel à l’accompagnement des entreprises locales
Enfin, elle a lancé un message solennel : « Je demande à tout le monde de nous accompagner dans l’écoulement de nos produits. Partout dans le monde, on ne peut pas rester sans utiliser du savon. Donc, je vous en prie, et je demande encore humblement à l’État de nous venir en aide. Nous avons aidé beaucoup de personnes, mais nous avons besoin d’aide pour continuer à soutenir d’autres qui en ont besoin. »
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
Contact : 621269981



