Après avoir échangé avec les partis politiques et les représentants diplomatiques accrédités en Guinée, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a organisé, ce jeudi, une rencontre avec des responsables d’acteurs de la société civile et des médias.
Au sortir de cette rencontre, Moussa Iboune Conté, porte-parole des acteurs de la société civile, a exprimé son impression par rapport au rapport présenté dans la salle.
« Il faut reconnaître que le travail a été bien fait, et cela devrait inciter les partis politiques qui ont été évalués à se remettre en question. Ce rapport n’est dirigé contre personne ; il vise plutôt à encourager les partis à améliorer leur fonctionnement. Ceux qui aspirent à diriger notre pays doivent prouver qu’ils sont des références. Diriger un pays implique de cocher toutes les cases, et c’est ce qu’on attend d’eux. Ce qui est inquiétant, c’est de constater que les partis politiques ayant dirigé notre pays pendant plus de six décennies sont épinglés dans ce rapport. Cela est grave, et il est essentiel que ceux qui prétendent diriger le pays soient en conformité avec le cadre juridique et institutionnel, mais aussi qu’ils remplissent leur rôle d’éducation civique auprès de leurs militants. C’est un signal fort pour tous, y compris pour les organisations de la société civile, qui aspirent à jouer un rôle dans le développement national », a-t-il déclaré.
Il a également souligné l’importance de la présence des partis politiques dans l’ensemble du pays : « Un parti politique qui n’existe que dans la capitale, ignorant les citoyens des zones rurales, est déconnecté des réalités du pays. Il serait souhaitable que les partis soient présents dans tous les districts de la Guinée. Cela leur permettrait de comprendre les enjeux de développement, les défis du pays et les besoins de la population. Rester uniquement dans la capitale montre un manque d’engagement envers le bien-être de la population ».
Quant à Djenab Touré, Directrice nationale des affaires politiques, elle est revenue sur l’objectif de cette rencontre avec les représentants de la société civile et des médias.
« Il est de notre devoir de présenter les résultats de nos travaux aux différents acteurs et à toutes les parties prenantes. La presse est un acteur clé, souvent qualifiée de quatrième pouvoir, et les plateformes de la société civile sont également essentielles, car elles travaillent directement sur le terrain avec les citoyens. Nous avons estimé qu’il était nécessaire de donner aux médias et aux organisations de la société civile des informations précises sur le processus d’évaluation, afin qu’ils puissent relayer des informations exactes ».
Elle a ajouté que « La prochaine étape concerne les 37 partis politiques qui n’ont pas encore été évalués. À partir du 5 novembre, ils pourront récupérer les outils d’évaluation et disposeront de trois semaines pour se préparer. Contrairement aux autres évaluations, ce sont les directeurs préfectoraux, avec les bureaux pédagogiques, qui effectueront cette évaluation au niveau local. Une autre étape sera consacrée aux partis suspendus. Une commission sera mise en place pour les accompagner dans le processus de levée de suspension, en fonction de la documentation et des états financiers certifiés par un cabinet ».
Elle a conclu en précisant : « Il est important de rappeler que ce processus est continu. Nous avons aujourd’hui une base de données et souhaitons permettre la soumission de documents à distance, grâce à une plateforme que nous sommes en train de finaliser pour une meilleure gestion des partis politiques. Nous restons ouverts à tous les partis politiques, sans discrimination, pour assurer leur conformité aux règles établies. Le CNRD et le gouvernement nous ont donné les moyens nécessaires pour mener à bien ce travail, et nous souhaitons qu’il devienne un processus régulier et durable ».
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org 621269981



