Plus d’une semaine après l’arrestation d’Oumar Sylla, alias Foniké, Billo Bah et Mohamed Cissé, tous activistes de la société civile, le parquet général a publié un communiqué surprenant, affirmant que ces derniers ne se trouvent ni dans les établissements pénitentiaires du pays, ni dans les commissariats. Cette déclaration a suscité de vives inquiétudes parmi les acteurs de la société civile.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce samedi, Ange Gabriel Haba, secrétaire administratif du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation.
« Nous sommes surpris et déçus par le communiqué du procureur. Lorsque des citoyens peuvent être arrêtés, kidnappés ou enlevés à tout moment, et que la justice, qui doit garantir leur sécurité, affirme ne pas être au courant, cela est inconcevable. Cela signifie que tous les citoyens guinéens sont désormais dans l’insécurité », a déclaré M. Haba.
Il a souligné par la suite que la sécurité des citoyens est la première responsabilité de l’État et a insisté sur la nécessité d’assurer une protection adéquate pour tous. « Si nous avons applaudi l’avènement du CNRD, c’était pour sortir d’une situation d’insécurité sur les plans démocratique et social. L’État doit rassurer la population. Quand des citoyens sont enlevés, ce n’est pas ce type de communication que nous voulons entendre. Il faut que la justice soit capable de dire qui est responsable de ces enlèvements », a-t-il ajouté.
Ange Gabriel Haba a également exprimé ses inquiétudes concernant l’absence de sanctions pour ceux qui perpétuent ces actes, soulignant que cela pourrait encourager les règlements de comptes et les abus par des individus se faisant passer pour des agents de sécurité.
« Nous exigeons que l’État nous dise où se trouvent nos camarades de la société civile et des partis politiques qui ont été enlevés. Il faut que l’État prenne des mesures pour prévenir ces enlèvements à répétition. C’est une affaire de sécurité nationale. On ne peut plus vivre dans un État si nous ne sommes pas rassurés. Le premier devoir d’un État, c’est la sécurité des citoyens », a-t-il conclu.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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