Après deux journées consacrées aux partis politiques, aux institutions républicaines, aux membres du gouvernement, aux missions diplomatiques, aux institutions internationales et aux partenaires techniques et financiers, la presse et les acteurs de la société civile se sont réunis pour la troisième journée, ce samedi, afin de suivre la présentation du rapport de synthèse de l’évaluation des partis politiques en République de Guinée. Cette évaluation a eu lieu du 17 juin au 6 juillet 2024, au siège à Conakry et dans les 33 préfectures du pays.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Administration du territoire.
Dans son exposé, la Directrice nationale des affaires politiques, Djenab Camara, a déclaré : « Cela aurait dû être une tradition, l’évaluation des partis politiques. Nous n’avions pas une situation claire des partis politiques en Guinée. Ce travail nous a pris plus de six mois, suivi d’une phase de numérisation qui a également duré quatre à cinq mois. Cela a abouti à l’envoi sur le terrain d’une mission d’identification et de collecte des données en septembre 2022. Certaines personnes confondent souvent cela en pensant que nous avons été évalués en 2022. Concernant l’identification des partis politiques, nous avons pu identifier formellement 73 partis en 2022, sur les 300 annoncés au départ. Ensuite, une commission a été mise en place, et 66 partis politiques ont fourni leurs adresses et coordonnées, ce qui a porté le nombre de partis identifiés à plus de 100 à l’époque. Le reste n’était pas trouvable. Après ces premières phases, nous avons dissous 34 partis politiques par arrêté… Le deuxième résultat nous a conduit à développer une plateforme pour digitaliser la gestion des partis politiques à notre niveau. Nous avons mené des enquêtes, fourni des documents, et enregistré les données. Mais certains facteurs étaient bloquants. Par exemple, si vous avez un agrément invisible, même si nous voulons continuer avec vous, l’application nous bloque, car nous devons scanner votre agrément à travers un téléphone et l’envoyer dans le système… Sur les 124 partis visités, 122 ont vu leurs données soumises sur la plateforme. Les deux autres, en raison de l’absence d’agrément ou de compte bancaire ou d’autres documents, n’ont pas été soumis. Lorsque les données ont été remontées, nous avons comparé les statuts et règlements antérieurs pour vérifier les modifications. Si des modifications ont été apportées, nous avons vérifié si elles ont été validées lors d’un congrès et si un PV valide ces modifications. Si nous n’avons pas de PV formel de congrès validant la modification, vous obtiendrez un zéro. Cela signifie que le document que vous avez fourni n’est pas valable. Certaines personnes ont dit qu’elles avaient fourni des documents, mais est-ce qu’elles ont respecté les procédures ? Si ce n’est pas respecté, cela ne passe pas. Ensuite, si nous trouvons deux agréments avec des numéros identiques, la même date de signature et le même signataire, vous verrez que sur le certificat d’évaluation, il apparaîtra que vous n’avez pas d’agrément… Le travail continue, et ils seront reçus à partir de mardi pour poursuivre les exercices jusqu’à la publication d’un rapport définitif. Tous les partis qui n’ont pas été identifiés depuis deux ans seront dissous. La décision sera prise en conseil des ministres. »
De son côté, le chef de cabinet François Gono Condé a pris la parole au nom de son ministre pour rappeler aux acteurs présents l’objectif de cette rencontre.
« Les acteurs de la presse et de la société civile ont un rôle patriotique incontournable dans la mise en œuvre de la refondation de notre État sous l’égide de Son Excellence le général de corps d’armée Mamadou Doumbouya. Le président de la République, chef de l’État, chef suprême des armées, avec une coordination efficace du Premier ministre, chef du gouvernement, Monsieur Amadou Oury Bah. L’objectif de la refondation prônée par le CNRD est d’offrir aux Guinéens un espace démocratique fiable, des institutions fortes et durables, garantes de la consolidation d’un État de droit. Les partis politiques se trouvent au cœur de ce processus, car leur rôle, permettant aux citoyens de s’exprimer, de défendre leurs idées et de participer activement à la vie politique, est crucial pour la consolidation de cet État démocratique tourné vers son développement », a-t-il rappelé.
Il a ajouté : « Ces dernières décennies, la gestion de notre pays a été malheureusement dominée par le consensus au détriment du respect des principes qui nous gouvernent. C’est le lieu de reconnaître la faiblesse de l’État qui a manqué d’encadrer le fonctionnement des partis politiques, ces aspirants gouvernants de notre pays. Aujourd’hui, la transition neutre et impersonnelle sous l’égide du général du corps d’Armée Mamadou Doumbouya est une opportunité ultime pour pallier l’hypertrophie nuisible des partis politiques dans notre pays avec 235 partis politiques agréés pour une population de 13 millions 860 mille habitants. Cette prolifération opportuniste, non fondée sur des visions unitaristes de notre État capable de propulser notre pays vers un développement harmonisé, entraîne malheureusement des divisions, la fragmentation de la scène politique, l’affaissement du tissu social et le repli identitaire et ethnique régionaliste (…) Au regard de cette triste réalité, l’assainissement de l’échiquier politique, afin de créer une base de données fiable par des moyens et procédés informatiques pour aboutir à une cartographie claire et précise de ces partis, devient pour nous une impérieuse nécessité. Chers amis de la presse et de la société civile, votre rôle d’information, de formation et de sensibilisation pour la mobilisation des Guinéens de tous bords, notamment les partis politiques, vers le respect des lois, devient un devoir historique », a-t-il déclaré.
Enfin, il a invité ces deux entités en ces termes :
« Je voudrais, au nom de Monsieur le Ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, vous appeler et vous encourager à véhiculer ces messages pour amener nos partis politiques à mieux se conformer. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621269981



