Dans un communiqué rendu public récemment, le gouvernement guinéen, à travers le département de la pêche et des affaires maritimes, a annoncé un repos biologique sur toute l’étendue du territoire national du 1er juillet au 31 août prochain. Pendant cette période, toutes les pêches industrielles sont formellement interdites dans les eaux guinéennes, permettant ainsi aux gros poissons de se reproduire efficacement.
Cependant, cette décision suscite des inquiétudes parmi la population, qui craint une pénurie de poissons sur les marchés ou une augmentation des prix durant cette période.
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce vendredi, la ministre de la pêche et des affaires maritimes, Mme Fatima Camara, a répondu à nos questions concernant les mesures prises par les autorités et les dispositions mises en place pour satisfaire les besoins halieutiques de la population.
Dans sa prise de parole, la ministre a d’abord félicité notre équipe pour l’initiative de s’informer sur les réalités de son département, avant de revenir sur l’objectif du repos biologique.
« Je vous remercie d’abord pour votre déplacement afin d’obtenir les vraies informations sur le repos biologique. Quand vous entendez ‘repos biologique’, il faut comprendre que depuis 2014, les autorités du pays, à travers le ministère de la Pêche et des Affaires Maritimes, prennent des décisions pour le repos biologique de deux mois allant du 1er juillet au 31 août de chaque année. Ce repos biologique vise à reconstituer les stocks de poissons, en particulier les poissons de fond comme les démersaux. Nous avons constaté que ces poissons de fond sont sous-exploités, et certaines espèces sont en diminution. Il était donc nécessaire de leur donner une chance de se reconstituer. C’est pourquoi les mois de juillet et août sont consacrés à leur reproduction, afin d’assurer une bonne quantité et qualité de poissons. »
Poursuivant, elle a rappelé que pour satisfaire la population en produits halieutiques durant cette période, la pêche artisanale va continuer, car elle cible principalement les poissons de surface, qui sont largement consommés dans le pays.
« La pêche artisanale n’a pas beaucoup d’impact sur les espèces de fond pendant cette période. C’est pourquoi il n’y a pas de repos biologique pour la pêche artisanale, qui va continuer à servir le pays jusqu’à la fin de cette période. »
Concernant les mesures prises par le gouvernement, Mme la ministre a indiqué que plusieurs dispositions ont été prises pour assurer le respect de cette interdiction.
« Les autorités ont pris des mesures parce que le problème concerne les poissons de fond. Les poissons de surface, tels que les ethmaloses (appelés ‘Bonga’ en sousou) et les sardines, peuvent être pêchés par les navires utilisant des filets appropriés. Cela permet d’éviter une pénurie de poissons sur nos marchés durant cette période. »
Elle a conclu en rassurant la population : « Les citoyens peuvent toujours compter sur le gouvernement, qui fait de grands efforts chaque jour pour satisfaire les besoins en produits halieutiques malgré les intempéries maritimes. Nous mettons tout en place pour qu’il n’y ait pas de rupture de poissons sur les marchés, jusqu’au dernier village. Les autorités ont également pris des mesures pour encadrer la sortie de poisson du pays, afin que la population soit satisfaite pendant cette période de repos biologique. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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