La réalisation du grand barrage hydroélectrique de Souapiti était une opportunité pour fournir du courant électrique à la Guinée et à plusieurs pays environnants. Cependant, ce rêve semble s’être transformé en cauchemar pour les riverains qui se sont sacrifiés en laissant leurs terres cultivables, en perdant leurs troupeaux, leurs cimetières et leurs plantations pour le développement du pays.
Mais ces derniers confient que ce grand mégaprojet leur a créé des ennuis. Après plus de quatre ans de souffrance et de combats pour défendre ces victimes auprès du gouvernement et des institutions, sans suite favorable, l’Union des Impactés de Souapiti (UIS) a décidé de lancer un plaidoyer pour la cause des victimes.
À travers une conférence de presse animée ce mardi à Conakry, les responsables de cette structure, accompagnés par certains responsables du CNOSCG, ont dénoncé les manquements aux engagements pris pour les victimes.
Dans sa prise de parole, le président de cette structure, Mohamed Lamine Conté, a exprimé son regret quant au non-respect des engagements des autorités du projet envers les victimes.
« Nous avons d’abord le problème d’indemnisation. Il y a des familles recensées depuis 2017 qui n’ont toujours pas été indemnisées, alors que les autorités considèrent que presque tout a déjà été fait. Nous interpellons les autorités pour qu’elles prennent en compte ce point essentiel, car beaucoup de personnes n’ont pas été indemnisées. De plus, il y a une absence de moyens de subsistance : les personnes déplacées avaient auparavant entre 2 et 5 hectares de terres, mais aujourd’hui, elles n’ont qu’une ou deux parcelles. Comment peuvent-elles subvenir à leurs besoins ? Elles ne peuvent plus pratiquer l’agriculture, et l’élevage ne fonctionne plus car la plupart ont perdu leurs troupeaux. Un villageois ne peut pas vivre comme quelqu’un à Conakry sans activités génératrices de revenus.
Il n’y a pas de débarcadères et les autorités le savent. Quand la saison des pluies arrive, on assiste à des noyades à cause de l’insuffisance de pirogues pour traverser les villages, et celles qui existent sont en bois. Sans entretien ni balisage des débarcadères, les pirogues pleines provoquent des pertes humaines et matérielles, comme les motos. Certains villages sont enclavés et quasiment désertés. La montée des eaux fait remonter des reptiles dangereux.
Nous interpellons les autorités : beaucoup de villages méritent d’être relogés. Il n’y a pas d’eau potable, les forages construits n’existent plus, et il faut parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau. Il n’y a ni marigot ni rivières à proximité. Les tremblements de terre sont fréquents depuis l’installation du barrage, fissurant les murs des maisons. Des familles dorment dehors car leurs maisons n’ont pas été construites, et le projet s’était engagé à payer leur loyer en attendant, engagement non respecté.
Les infrastructures scolaires et sanitaires sont insuffisantes dans les sites de réinstallation. Il n’y a pas d’écoles ni d’hôpitaux, et là où il y en a, il manque de maîtres et de professeurs pour les élèves. L’environnement se dégrade gravement. Aucun des villages relogés n’a bénéficié du courant de Souapiti, malgré leurs sacrifices.
Nous interpellons les autorités pour qu’elles tiennent compte de tout cela. Si nous avons sacrifié nos terres, nos cultures et nos modes de vie pour ce projet, il faut que le gouvernement crée pour nous des activités génératrices de revenus. Nous lançons un appel à l’État pour qu’il vienne en aide », a regretté le président Mohamed Lamine Conté.
En termes de propositions, l’union dirigée par Mohamed Lamine Conté demande aux autorités de faire face à ces situations.
« Il faut que le gouvernement cherche à créer des activités génératrices de revenus pour nous, surtout que nous étions habitués à l’agriculture et à l’élevage. C’est pourquoi nous lançons un appel pour que l’État vienne en aide. »
À suivre,
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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