Ce vendredi 31 mai 2024, le monde entier a célébré la Journée mondiale sans tabac, une initiative visant à sensibiliser sur les dangers du tabagisme pour la santé publique.
En Guinée, c’est l’ONG « Génération sans tabac » qui a marqué cet événement à travers une déclaration. À cette occasion, notre rédaction a rencontré le Dr. Mamadou Khari Bah, spécialiste en pneumophtisiologie à l’hôpital national Ignace Deen.
Dans sa prise de parole, il a tout d’abord salué l’initiative de consacrer une journée à cette problématique de santé publique, soulignant l’ampleur des méfaits du tabac sur la santé humaine, notamment au niveau pulmonaire :
« Les effets du tabagisme sont multiples, mais concentrons-nous sur ses effets au niveau pulmonaire, domaine dans lequel je suis spécialisé. Le tabagisme peut entraîner une bronchite chronique, caractérisée par des toux et des expectorations récurrentes pendant plus de trois ans. De même, il peut causer une bronchopneumopathie chronique obstructive, caractérisée par une obstruction permanente des voies aériennes, entraînant des exacerbations fréquentes et des hospitalisations répétées », dit-il.
Évoquant la situation spécifique en Guinée, le Dr. Bah a partagé des données alarmantes : « Selon mes recherches, une étude menée en 2014 sur les collégiens de Dixinn a révélé que 13% des élèves étaient fumeurs. Le tabagisme chez les adolescents est particulièrement préoccupant, car il augmente le risque de développer précocement des maladies liées au tabac. »
Interrogé sur les raisons qui poussent les jeunes à commencer à fumer, le médecin spécialiste a insisté sur l’influence de l’imitation entre pairs et du stress socio-économique, qui peut conduire à une dépendance au tabac : « Les jeunes commencent souvent à fumer en imitant leurs pairs, et certains le font pour faire face au stress. Malheureusement, une fois qu’ils sont pris dans le cycle de la dépendance, il devient difficile pour eux d’arrêter. »
En ce qui concerne la prise en charge des patients tabagiques, le Dr. Bah a expliqué que celle-ci devrait être adaptée à chaque individu, en tenant compte de son niveau de dépendance et de sa volonté d’arrêter :
« Il existe différentes approches pour aider les fumeurs à arrêter, allant de la réduction progressive à l’utilisation de substituts nicotiniques. L’accompagnement des patients doit être concerté et personnalisé, en fonction de leurs besoins et de leur motivation à arrêter. »
Enfin, il a souligné l’importance du rôle de l’État et des parents dans la lutte contre le tabagisme :
« L’État peut agir en augmentant les taxes sur le tabac et en organisant des campagnes de sensibilisation. Quant aux parents, il est essentiel qu’ils surveillent et éduquent leurs enfants sur les dangers du tabac, à la maison, à l’école et dans la rue », a-t-il laissée entendre.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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