Au cours d’une conférence de presse ce jeudi 23 mai à la maison commune des journalistes, le président du Parti Bloc pour l’Alternance en Guinée (B.A.G) s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité, notamment la conduite de la transition critiquée par de nombreux hommes politiques. Si beaucoup d’entre eux mettent la pression sur les militaires pour qu’ils rendent le pouvoir le 31 décembre 2024 comme convenu avec la CEDEAO, Abdoulaye Sadio BARRY, lui, estime que des fondamentaux devraient être pris en compte pour éviter que le pays ne bascule.
Dans sa prise de parole, il a critiqué la gestion des civils au pouvoir, soulignant leur incapacité à relever les nombreux défis qui freinent le développement du pays.
« En 60 ans, ils ont été incapables de nous offrir un cadre juridique normal, ils ont été incapables de nous offrir un État de droit. Et aujourd’hui, c’est ce que nous subissons comme conséquence. Ils disent qu’on ne va plus brûler les étapes parce qu’on ne veut pas voir les militaires au pouvoir. Les militaires au pouvoir, les civils au pouvoir, pour nous ça a toujours été la même chose en Guinée », dit-il.
Pour sortir de cette transition, le leader du parti B.A.G laisse entendre qu’il faut rediscuter le chronogramme de la transition avec tous les acteurs sociopolitiques. Dans la même lancée, il a jeté du discrédit sur l’accord signé avec la CEDEAO concernant la fin de la transition, soulignant que cet accord viole la charte de la transition qui fait office de constitution.
« Nous sommes obligés de nous retrouver autour d’une table pour examiner ce qui a été fait et étudier ce qui doit être fait. Quels moyens matériels et financiers cela nécessite-t-il, et pour combien de temps ? Celui qui vous dit qu’on va aller aux élections le 31 décembre 2024 ou 2025, ce dernier ne fait qu’exprimer une opinion. Il faut quand même qu’on accepte de comprendre que le chronogramme qui a été établi avec la CEDEAO ne respecte même pas la charte de la transition. Il n’était pas en accord avec la charte, il faut qu’on essaye de le corriger. Parce que si on ne le corrige pas pour aller de l’avant, vous ne pouvez pas demander l’impossible. L’impossible, c’est quoi ? C’est de dire qu’on ne fait rien, on ne va pas au dialogue, on attend seulement le 31 décembre, Doumbouya va quitter. Eh bien, que Doumbouya parte le 31 décembre, il va laisser quoi ? Le chaos ? », fait remarquer ce leader politique.
Et d’ajouter plus loin : « Je vous dis une chose : un régime, dans une situation d’exception, même mauvais, est mieux que le vide. Parce que le vide engendrera immédiatement la guerre civile. Alors, faisons en sorte que ce régime accepte de faire face à ses responsabilités pour nous ramener sur le chemin du retour à l’ordre constitutionnel. La seule alternative à cela, c’est le dialogue ».
Mohamed Cissé pour avenirguinee.org



