Exercer le métier de journaliste en Guinée est devenu un acte périlleux, surtout pour ceux qui travaillent pour la presse étrangère. Malick Diakité, correspondant de France 24 en Guinée, en fait l’amère expérience alors que lui et sa famille sont menacés de mort. Les auteurs de ces menaces, sans scrupules, ont ciblé l’épouse de Diakité, Gnamoin Kourouma, l’accusant de complicité dans une supposée manipulation médiatique de la part de France 24. Ces menaces ont atteint un sommet alarmant après leur retour de France le 16 janvier 2023.
Contrainte de se réfugier chez des proches pour des raisons de sécurité, la famille Diakité lutte pour retrouver une vie normale malgré la menace persistante. Cette histoire déchirante met en lumière les défis croissants auxquels les journalistes en Guinée sont confrontés, soulignant l’urgence de protéger la liberté de la presse dans le pays.
Le 16 octobre 2023, après une journée de travail, Malick Diakité a commencé à recevoir des menaces anonymes l’accusant de manipuler l’information au profit de France 24. Face à cette escalade, la famille a pris la décision difficile de se réfugier chez des proches, dans la grande famille à Gbessia près de l’aéroport, pour assurer leur sécurité.
Le 16 janvier 2024, de retour en Guinée après un bref séjour en France avec ses deux plus jeunes enfants, la famille Diakité a été confrontée à une menace plus directe. Un appel, au ton sans équivoque, ciblait Gnamoin Kourouma, indiquant qu’ils étaient au courant de leur retour de France et proférant des menaces de mort si elle ne parvenait pas à convaincre son mari d’arrêter de « prendre l’argent de la France pour mentir sur France 24 ». Le traumatisme résultant de cet appel a marqué la famille, les poussant à prendre des précautions extrêmes.
Le mercredi 17 janvier 2023, de retour chez eux à Lambagni, ils ont découvert que leur domicile avait été fouillé. La chambre était dans un état déplorable. Gnamoin Kourouma, émue, exprime son désarroi face à cette situation inexplicable : « Je suis vraiment perdue. Mes enfants ne vont plus à l’école depuis novembre. Pourquoi veulent-ils nous tuer ? Qu’avons-nous fait ? Mon mari est journaliste, c’est son travail. Pourquoi tout cela contre nous dans notre propre pays ? », s’interroge la femme du journaliste Malick Diakité.
Ces menaces surviennent dans un contexte où la liberté d’expression est de plus en plus restreinte en Guinée. Les fréquences de plusieurs médias privés critiques envers la junte au pouvoir ont été brouillées, retirées du bouquet canal. De plus, la réduction de l’espace d’expression due à la restriction d’Internet suscite des préoccupations croissantes. L’expulsion du journaliste français Thomas Dietrich et l’arrestation de plusieurs journalistes lors d’une manifestation contre les violations de la liberté de la presse témoignent d’une situation alarmante dans le pays.



