À l’occasion du Nouvel An, Lansana Faya Milimono, figure politique majeure en Guinée, a adressé un discours poignant à ses compatriotes. Il a pris le temps de revenir sur les défis majeurs qu’a connus le pays en 2023 et a partagé ses aspirations pour l’année à venir.
L’orateur a débuté en exprimant ses condoléances émues aux familles des victimes des catastrophes, soulignant l’importance de la solidarité dans de tels moments. Il a évoqué les sinistrés des accidents de la route et de l’incendie du dépôt d’hydrocarbures à Kaloum, mettant en lumière les défis économiques et sociaux auxquels sont confrontés de nombreux Guinéens.
« Dans notre pays la Guinée, l’année 2023 aura été une année éprouvante pour bon nombre de nos compatriotes. En effet, sans compter les nombreuses victimes des accidents de la route, 40 616 sinistrés des catastrophes, dont 11078 suite à l’incendie du dépôt des hydrocarbures, survenu le 17 décembre 2023 à Kaloum, ont été affectés. Nombre d’entre eux ont perdu la vie ; d’autres ont été blessés et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés ».
Faya Milimono a également abordé des préoccupations environnementales, soulignant les résolutions de la COP28 concernant la Guinée, notamment les questions d’insalubrité, de déchets plastiques et toxiques, et du dérèglement climatique. Il a appelé à une sensibilisation communautaire pour une gestion durable de l’écosystème.
» L’environnement social reste fragile à cause des revendications salariales de nombreuses catégories professionnelles et de la problématique de la prise en charge des enseignants contractuels. Force est par ailleurs de saluer le sursaut de la chaîne de solidarité et de compassion démontrée par nos compatriotes et plus tard renchérit par la communauté internationale à la suite de l’explosion cette fin d’année du principal dépôt d’hydrocarbures dans la capitale Conakry. Soit dit en passant, les résolutions de la COP28 à Dubaï en décembre dernier retiennent pour la Guinée l’insalubrité, les déchets plastiques et toxiques et le dérèglement climatique. L’exploitation anarchique de notre faune et de notre flore dépeint ce sinistre. La destruction de nos essences végétales, dont la mangrove, affecte tout le pays, en particulier notre capitale, Conakry : fortes précipitations, inondations, chaleur excessive »
Les relations tendues entre le gouvernement et certains médias privés ont également été évoquées. Faya Milimono a encouragé le gouvernement à adopter une approche plus pédagogique pour préserver la liberté de la presse.
» Les relations tumultueuses actuelles entre le gouvernement et certains médias privés est un souci national qui mérite notre attention. Pour préserver certains acquis, notamment la liberté de la presse, j’invite le gouvernement a plus de pédagogie et de doigtés dans le contexte qui est le nôtre ».
Sur le plan judiciaire, l’orateur a appelé à une indépendance totale des magistrats, soulignant l’importance d’une justice impartiale dans le contexte de la transition.
» Pour faire de notre Justice « la boussole » qui éclaire et guide la Transition, et au regard du procès historique des événements du 28 septembre 2009, je souhaite que les magistrats agissent en toute indépendance pour ne dire que le droit ».
Le discours s’est conclu par une évaluation critique du déséquilibre économique persistant, malgré les promesses de refondation et de rectification. Faya Milimono a invité le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, à prendre des initiatives pour réorienter les objectifs de la gouvernance.
Enfin, l’homme politique a partagé ses espoirs pour l’année 2024, aspirant à une Guinée démocratique, fraternelle et compétitive. Il a mentionné le chronogramme négocié avec la CEDEAO pour un retour à l’ordre constitutionnel à la fin de l’année, tout en soulignant les défis à relever, notamment le démarrage du recensement administratif et la sortie de l’avant-projet de constitution.
Mohamed Cissé pour avenirguinee.org



