A l’occasion de la plénière tenue ce vendredi 22 décembre, consacrée à l’examen du projet de la loi de finances pour l’exercice 2024, la ministre du plan et de la coopération internationale a procédé à la présentation du cadre macroéconomique du pays.
Cette rencontre présidée par le président du CNT, Dr Dansa Kourouma a connu la présence du premier ministre, des ministres du budget, de l’économie et des finances, du secrétaire général à la présidence, des conseillers et de plusieurs cadres de l’administration.
Dans son discours de circonstance, le ministre Rose Pola Pricemou a souligné que « la mission de mon département consiste à concevoir, élaborer, mettre en œuvre, suivre et évaluer la politique du Gouvernement en matière de planification du développement, de coopération internationale, de production et de diffusion des informations statistiques, de population et de capture du dividende démographique. Il s’agit donc d’une mission hautement stratégique et profondément technique », dit-elle d’entrée.
Et de poursuivre, « ma communication de ce jour s’articule autour de cing (5) points essentiels qui sont : (i) rappel du contexte et des perspectives macroéconomiques internationales et nationales; (ii) brève présentation de l’état de mise en œuvre du PRI (ii) rappel des hypothèses qui sous-tendent le projet de Loi de Finances 2024 et son alignement au PRI: (iv) engagements internationaux de notre pays notamment sur le plan de la mise en œuvre des ODD; et (v) nécessité d’alignement des budgets de l’État aux documents de planification et aux engagements internationaux ».
Ci-dessous, un extrait de son discours…
1. Au titre du contexte et des perspectives macroéconomiques et nationales Sur le plan international, l’économie mondiale continue d’être marquée par les répercussions prolongées de la pandémie de COVID-19: les tensions géopolitiques croissantes, le resserrement monétaire: les perturbations des chaines d’approvisionnement mondiales; et les incertitudes et fluctuations des marchés. Mesdames et Messieurs. Les éléments précités affectent le commerce international, les Investissements et plus globalement l’économie mondiale. Cependant, nonobstant le contexte mondial précité, l’espoir est permis. Les des institutions de Bretton Woods tablent sur des perspectives de reprise économique grâce aux efforts mondiaux pour stabiliser les marchés el revitaliser les économies. Notre pays peut donc foirer parti de ces efforts pour favoriser une croissance diversiliée, soutenue, inclusive et durable. 10. Sur le plan national, en attendant les résultats de l’évaluation de l’impact de l’incendie du dépôt central d’hydrocarbures à Kaloum, notre économie continue de montrer une résilience remarquable face aux défis mondiaux. Malgré les conséquences des chocs exogènes et les incertitudes qui planent sur les activités économiques, la Guinée a maintenu une trajectoire de croissance positive, soutenue par des réformes structurelles et une gestion prudente des finances publiques. 11. Ainsi, le taux de croissance économique s’est élabli à 5,5% en 2022 contre 4.9% en 2021. Il pourrail enregistrer 5,7% à la sortie 2023 (hors impact de l’incendie), d’après la commission des lois du CNT dans tout le processus: Création d’une commission opérationnelle de travail pour l’élaboration et la révision des textes régissant les institutions…). Au compte de l’axe 2: Quatre-vingt-deux (82) activités réalisées (Réalisation de l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, Finalisation du processus d’extension de l’Indice des prix, Suivi quotidien des activités d’évaluation des quantités et qualité dans les sociétés exportatrices de minerais…): Cinquante-sept (57) activités en cours de réalisation (Organisation d’une Table Ronde des partenaires pour le financement du PRI, Réalisation du RGPH-4, Adoption d’un arrêté fixant le prix de référence de la bauxite guinéenne. Adoption et vulgarisation du référentiel national de compensation, d’indemnisation et de réinstallation…: • Quatre (4) réformes réalisées et une (1) en cours de réalisation (Publication du rapport annuel sur le portefeuille des organismes publics, Renforcement de la gestion de la trésorerie pour aider à prévenir l’accumulation des arriérés, Opérationnalisation du code des marchés publics…).. Au compte de l’axe 3: • Quatre-vingt-quatorze (94) activités réalisées (institution d’un dispositif inclusif de suivi et d’évaluation des projets de développement, Elaboration de la lettre de politique nationale de promotion et de protection des droits de l’homme, Adoption du projet de loi sur l’aide juridictionnelle pour apporter une assistance judiciaire gratuite aux populations les plus vulnérables…): Cent cinq (105) activités en cours de réalisation (Renforcement des capacités de production statistique, Recrutement périodique et des auditeurs de justice et élèves greffiers, Renforcement des capacités institutionnelles et humaines de l’inspection judiciaire el pénitentiaire…); • Dix-neuf (19) mesures réalisées el dix (10) en cours de réalisation (Modernisation du système de l’état civil, Harmonisation des données existantes sur les ménages en un seul registre social…). compte de l’axe 4: Douze (12) activités réalisées (Amélioration de la justice sociale, économique et renforcement de l’inclusivité, Promotion des droits des femmes et des enfants. Mise en place et animation du Cadre de Concertation et du Dialogue politique, Mise en œuvre de la lettre de polifique nationale de promotion et de protection des droits humains…): Cinquante-deux (52) activités en cours de réalisation (Relance des activités des bureaux d’accueil et d’orientation des justiciables dans les juridictions, Campagne Nationale sur la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de l’unité nationale…); o Huit (8) réformes réalisées et huit (8) en cours de réalisation (Mise en application des lois et règlements existant en matière d’approvisionnement en médicaments, Promotion des normes sociales autour de l’interdiction des Mutilations Génitales Féminines, Augmentation de la couverture des filets de sécurité en mettant l’accent sur les pauvres…)! Au compte de l’axe 5: Cent-trente-six (136) activités réalisées (Suivi de l’application de la loi PPP, Mise en œuvre d’une stratégie de réduction des tarifs d’appel et d’internet. Organisation de la 7eme édition du Symposium mines Guinée…); Cent quatre-vingt-douze (192) activités en cours de réalisation (Construction, réhabilitation et maintenance des infrastructures socio-économiques, Uniformisation de la politique nationale du contenu local, Création des espaces libres de communication et de dialogue citoyen autour de la prévention des conflits violents….: o Trois (3) réformes réalisées et une (1) en cours de réalisation: quarante-huit (48) projets réalisés et cinquante-neuf (59) en cours de réalisation (Renforcement des capacités des ministères des mines et des transports, Accroissement des infrastructures de transport d’énergie et de distribution d’énergie, Amélioration du fonctionnement des marchés fonciers en simplifiant les procédures d’enregistrement des terres, en améliorant les registres fonciers et en garantissant la sécurité d’occupation…). 21. Avec un an de mise en œuvre du PRI, tout axe confondu, sept-cent- cinquante-une (751) activités réalisées et en cours: soit un taux d’exécution de 83% cinquante-quatre (54) mesures et réformes conduites et en cours, soit un taux d’exécution de 45%; cenl-quinze (115) projets réalisés et en cours, soit 28,5% du total des projets initialement inscrits. 22.Il s’agit là d’une performance pour laquelle je souhaite, avec votre permission Monsieur le Président, remercier tous les acteurs qui contribuent à la bonne mise en œuvre du PRI. Je souhaite aussi les encourager pour que cette bonne dynamique soit maintenue, voire amplifiée, car avec l’incendie du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum, de nouveaux défis vont s’imposer à nous. Nous aurons donc besoin de tout le monde, Gouvernement, CNT mais aussi nos partenaires pour continuer d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens, Monsieur le Président. Honorables Conseillers Nationaux, 23. Au titre des sous-tendent le projet de budget pour 2024 et de son alignement au PRI. Le Projet de Loi de Finances pour 2024, qui vous est présenté aujourd’hui est fondé sur des hypothèses réalistes et dont entre autres: Réaliser un taux de croissance économique de 5,4% grâce aux activités extractives: Réaliser un taux d’inflation de 8,9% en moyenne annuelle: Stabiliser le taux de change de la monnaie guinéenne par rapport aux principales devises étrangères 18 805,7 GNF pour un Dollar USD et 9 571.7 GNF pour Un Euro) (A noter que ces projections ne prennent pas en compte l’impact de l’incendie d’hydrocarbure de Kaloum). 24. En termes de mise en œuvre du PRI, ce projet de Loi de Finances pour 2024 devrait grandement y contribuer, à travers l’exécution des projets d’investissements, aussi bien sur financement du Budget National de Développement que sur celui de nos partenaires extérieurs. 25.S’il n’y a pas de projet d’investissement inscrit au comple de l’Axe 1: Rectification institutionnelle, les allocations budgétaires projetées sur les quatre (4) autres axes se présentent ainsi qu’il suit: Axe 2: Cadre macroéconomique et financier, un montant de Mille Deux Cent Trente Trois Millards Neuf Cent Vingt Millions de Francs Guinéens (1 233 920 000 000 GNF) est prévu, soit 8.68% du fotal des dépenses d’investissement. Axe 3: Cadre légal el gouvernance, Mille Deux Cent Cinquante Trois Milliards Quatre Cent Six Millions, (1 253 406 000 000 GNF), soit 8,82%: Axe 4: Action Sociale, Emploi et Employabilité, Huil Cent Onze Milliards Cent Soixante Onze Millions de Francs Guinéens (811 171 000 000 GNF), soil 5.71%) Axe 5: Infrastructures, Connectivité et Assainissement. Dix Mille Cinq Cent Un Milliards Six Cent Quarante Un Millions de Francs Guinéens (10 501 641 000 000 GNF). soit 73.9% du total des dépenses d’investissement. 26. Les dépenses d’investissement, y compris les budgets d’affection spéciale, du projet de Loi de Finances pour 2024 devraient représenter plus de 14% du coût total du Programme de Référence Intérimaire (PRI) 2022-2025. Monsieur le Président, Honorables Conseillers Nationaux, 27. iv) Au titre de nos engagements régionaux et internationaux. A l’instar des autres la Guinée, à travers ses instruments de planification, notamment, la Vision 2040 d’une Guinée émergente et prospère, les Plans Nationaux de Développement et les Politiques Sectorielles, a souscrit souverainernent à plusieurs agendas régionaux et internationaux dont la vision 2050 de la CEDEAO, la vision 2063 de l’Union Africaine et les Objectifs de Développements Durables (ODD) à l’horizon 2030. 28. Ce dernier engagement, porté par les Nations Unies, s’est traduit par l’intégration des ODD aux Plans Nationaux de Développement, cadre référence priorités nationales de développement économique et social. 29. Consciente de l’importance du renforcement de la coopération internationale et des défis liés au financement des ODD, la Guinée s’est engagée dans un processus de mise en place d’un cadre national de financement intégré (CNFI) des ODD. Pour y parvenir, le Gouvernement avec l’appui de ses partenaires traditionnels a procédé à l’évaluation du financement du développement et à l’élaboration d’une stratégie nationcie de financement intégrée des ODD avec à la cié une feuille de route visant à asseoir un environnement propice au financernent judicieux des ODD. 30. Le rapport 2023 de la mise en œuvre des ODD donne à la Guinée un score de 54,9/100, la classant ainsi 142eme sur 166 pays ayant adhéré aux ODD. Selon ce rapport, seuls les ODD 12 (consommation et production responsables), et 13 (mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques) ont été atteints ou sont sur la bonne trajectoire pour être atteints en 2023. Les ODD 1 (éliminer la pauvreté sous toutes ses forrnes) et 17 (partenariats pour la réalisation des objectifs), malgré des défis persistants, ont fait des progrès modérés, tout comme l’ODD 4 (veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité…) en dépit des défis majeurs auxquels sa mise en œuvre est confrontée. L’ODD 14 (conserver et exploiter de manière durable les océans…) est le seul à avoir reculé en Guinée depuis l’adoption des 17 objectifs. Monsieur le Président, Honorables Conseillers Nationaux, 31. La prise en compte des enjeux du changement climatique est un impératif absolu dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. C’est pourquoi, la Guinée s’inscrit dans la dynamique mondiale visant l’objectif de 1,5°C de réchauffement d’ici la fin du siècle comme cela a été préconisé par la conférence des parties sur les changements climatiques (COP28), lenue tout récemment à Dubaï aυχ Emirats Arabes Unis. 32. Pour relever le défi du changement climatique, le budget de l’État s’avère être un instrument incontournable ef efficace. 33. Dans cette perspective, le Projet de Loi de Finances 2024 apporte des réponses appropnées à l’effet de renforcer notre résilience face aux changements climatiques et à promouvoir des pratiques durables. Celles-ci concernent notamment des investissements dans la protection de l’environnement, et l’adaptation des infrastructures. Cette approche reflète notre engagement à protéger notre planète tout en poursuivant le développement économique et social de la Guinée. Monsieur le Président Honorables Conselliers 34. Le projet de Loi de Finances initiale pour 2024 qui vous est aujourd’hui présente est un pas de plus vers la réalisation de notre vision d’une Guinée prospère, équitable et durable. 35. Je vous invite ainsi à soutenir ce projet de loi de finances initiale crucial pour notre avenir commun.
Je vous remercie de votre aimable attention.



