Quel peut être l’apport des universitaires dans la résolution des crises de toute forme en Guinée et dans des pays africains ? c’est l’une des questions qui était au centre d’un atelier organisé ce jeudi, 14 décembre, à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia. L’événement a mobilisé des cadres et enseignants chercheurs de cette institution d’enseignement supérieur. C’est un projet porté par le Laboratoire d’Analyse Socio-anthropologue de Guinée.
L’initiateur de cette activité, Saïkou Oumar Sagnane, explique d’où est venue l’idée de cette rencontre de réflexion sur les questions liées aux crises.
« Je me suis rendu compte qu’il était, aujourd’hui, nécessaire un peu plus de choix et d’option à nos universitaires de pouvoir contribuer à la réflexion sur les questions de transition. Transition en général, pas que politique, mais aussi des questions sanitaires, minières, sociales etc. Parce qu’il n’y a pas assez de publications réalisées aujourd’hui par les chercheurs dans ce sens en Guinée. Chaque fois qu’il y a des crises, des transitions, on essaie d’aller toujours chercher d’autres personnes ailleurs qui viennent utiliser nos chercheurs comme assistants dans leurs travaux, alors que nous sommes capables de réfléchir et de produire. Alors, pourquoi ne pas se mettre ensemble, réfléchir sur des programmes et projets qui reflètent nos réalités qui sont des enjeux de développement que nous-mêmes avons identifiés et pouvoir aller de l’avant ? », s’est-il interrogé.
Poursuivant, l’organisateur de cette rencontre est revenu sur les thématiques qui doivent être au centre de cette journée afin de mieux impliquer les universitaires sur les questions de la transition.
« C’est une réflexion que nous avons initiée aujourd’hui, la première thématique est de réfléchir sur les questions de crises politiques en général ; la deuxième porte sur les autres formes de crises notamment sanitaires et minières… Enfin, la troisième thématique vise à réfléchir sur la question de la circulation de l’information qui inclut les questions de rumeurs, des théories et complots qui ont pour conséquences des crises et de transition que nous traversons et qui rendent difficile la gestion du flux de savoir et d’information. La dernière partie est beaucoup plus liée à comment capitaliser ce que nous avons aujourd’hui déjà à l’Université, pour pouvoir aller de l’avant. Bref, quel est l’état de la production du savoir ? quelles sont les questions épistémologiques qui se posent ? quelles sont les questions d’éthique qui se posent ? comment mieux impliquer les universitaires sur la longue durée pour ne pas qu’on sorte du cycle de consultations spontanées qui sont généralement dictées et qui ne sont pas en cohérence de l’ossature de développement du pays », indique Saïkou Oumar Sagnane, doctorant.
Professeur Mamoya Sylla, vice-recteur chargé des études à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia parle de l’objectif de cette rencontre sur le processus de la transition en Guinée mais aussi en Afrique.
« L’objectif de la rencontre était de réfléchir sur le processus de la transition pas seulement en Guinée mais en Afrique. Parce que les Universités sont le creuset du développement socio-économique de toute nation. En principe, toutes les politiques de développement des nations doivent être émises par les Universités. Donc, nous donnons des orientations, des sujets de réflexion aux politiques qui peuvent les suivre pour donner de bons résultats ».
Participant, Dr Mohamed Lamine Dioubaté, directeur scientifique du centre de laboratoire de l’analyse socio-anthropologique de Guinée à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, estime que les universitaires doivent oser et s’engager dans l’objectivité.
« Le message, c’est que les universités osent parler en toute objectivité, parce qu’on est souvent dans la subjectivité. On se laisse aller dans le paternalisme politique. Ce qui n’est pas bon. Quand on est dans le cadre universitaire, il faut qu’on ose, il faut qu’on soit universitaire. Toutes les sensibilités des questions subjectives, il faut les abandonner et qu’on s’engage dans l’objectivité pour que notre Université bouge ».
Bintou Camara pour avenirguinee.org 628 62 09 34



