Après le retrait du bouquet Canal des groupes de télévision Djoma TV, Espace TV et Évasion TV sur ordre de la Haute Autorité de la Communication pour « des raisons de sécurité nationale », le syndicat des Professionnels de la Presse, contrairement aux associations de presse qui disent privilégier le dialogue, a appelé à la tenue d’une journée sans presse ce lundi 11 décembre.
Même pas largement suivie, mais cette journée était une manière pour les défenseurs des journalistes d’interpeller l’opinion nationale et internationale sur la restriction de la liberté de la presse par les militaires au pouvoir depuis 2021.
Moussa Iboune Conté, ancien journaliste et patron de presse, aujourd’hui activiste de la société civile guinéenne, ne partage pas cette démarche.
Pour lui, « les journalistes constituent les sentinelles de l’Etat et de la démocratie. Je crois qu’on doit éviter chaque fois de tomber sur les citoyens, c’est-à-dire, il ne faut pas se rendre coupable d’une autre violation. On est en train de priver les citoyens sur leur droit à l’information. Je crois que personne n’a le droit de le faire, y compris les pouvoirs publics », dit-il.
L’ancien promoteur de médias pense qu’en observant une journée sans presse, (…) « peut-être que les gens qui sont au pouvoir, qui sont de mauvaise foi, vont profiter de cette situation pour procéder… ou pour commettre des crimes et autres irréparables. Mais, les médias vont être coupables de cette situation. Je crois qu’il faut qu’on évite cela. Quand on est journaliste, on est intelligent ; quand on est journaliste, on anticipe. (…) Est-ce que le citoyen est responsable de cette situation qui prévaut dans le pays ? est-ce que c’est lui qui doit payer la facture de ce qui se passe dans notre pays ? Je dis non. Les médias seront coupables d’une autre violation du droit de citoyens, celui du droit à l’information. Ils sont en train de violer le droit des citoyens à l’information, ce n’est pas normal et nul n’a le droit de le faire y compris les pouvoirs publics ».
Pour se faire entendre, Moussa Iboune Conté estime que le syndicat de la presse devrait organiser un « sit-in devant la HAC ». Par contre, contrairement à la première déclaration des organisations de la presse, lu lundi dernier à la maison commune des journalistes, il indique que les médias ne doivent pas « boycotter les activités du gouvernement. Il n’en a pas question de boycotter les activités de la HAC. Une fois encore, le droit des citoyens à l’information doit être consacré par les médias (…) Je vous dit que la « journée sans presse » n’apporte rien. Au contraire, ça ne fera qu’aggraver le sort de citoyens (…) ».
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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