Depuis près de deux semaines, le gouvernement de transition a accéléré l’opération de traque des vendeurs de produits pharmaceutiques au marché Madina, le plus grand du pays. Les forces de sécurité en grand nombre ont effectué une descente musclée pour procéder à la fermeture des points de vente des produits pharmaceutiques. Depuis, ce périmètre de ce grand marché est strictement gardé par une équipe mixte de la gendarmerie et de la police. Ce qui fait que les détenteurs de ces boutiques et magasins n’arrivent plus à mener leurs activités. Pour eux, c’est un braquage de la part des forces de sécurité, au cours duquel de l’argent en devise et francs guinéens, a été emporté.
« Depuis 25 ans, je suis ici. Dès qu’ils sont arrivés, ils ont vandalisé nos portes pour prendre tout ce qu’il y avait comme produits et argent en devise et francs guinéens. Des centaines de millions de fg. Moi-même je suis victime mais je ne peux pas estimer exactement ce que j’ai perdu parce que lorsque nous vendons, c’est à la fin de la semaine pour faire le comptage », dit-il. « Nous », poursuit-il, « notre banque est ici. On n’envoie pas de l’argent dans les banques, nous gardons avec nous ici. Personnellement ce que j’ai perdu, c’est un peu plus de 50 millions de fg. Mais, il y en a qui ont perdu des milliards parce qu’on fait le transfert d’argent, on fait également plusieurs choses ici », relate cette victime, qui préfère garder l’anonymat.
Selon lui, puisqu’ils ont tout perdu, c’est une période extrêmement difficile pour eux. « Même la dépense, on n’arrive pas à l’avoir. Parce qu’ils nous ont surpris. Depuis l’année dernière, on nous a dit de laisser cette activité. Par contre, ils ne nous ont pas dit qu’ils vont faire une descente et emporter tout ce que nous avons », souligne ce vendeur de produits pharmaceutiques.
Une autre victime que nous avons interrogée regrette l’attitude des forces de l’ordre. Ainsi, elle interpelle le président de la transition, colonel Mamadi Doumbouya.
« Je pense qu’ils doivent revoir leur copie, parce qu’il n’y pas de pharmacies à l’intérieur du pays. Et puis, comme ils disent que nos produits ne sont pas bons, ils n’ont qu’à les incinérer. Mais, les prendre avec nous et les envoyer dans les pharmacies, ça sera du deux poids deux mesures.
J’invite le président de la transition et son gouvernement de savoir que par exemple chez moi à Lélouma, il n’y a aucune pharmacie. Au lieu d’interdire le marché noir, il faut d’abord que les pharmaciens soient capables de couvrir tout le pays », propose cette autre victime.
Au jour d’aujourd’hui, aucun accès, même pour les simples passants, n’est possible au lieu de vente des produits par terre à Madina. Les victimes crient au vol et demandent des comptes au gouvernement de la transition.
À suivre…
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



