Agacées pour manque de places, les femmes vendeuses de pastèques au marché aviation, dans la commune de Matoto, ont exprimé leur colère en début de semaine. Elles ont tenu une manifestation qui n’a duré que quelques minutes pour attirer l’attention des autorités communales et du gouvernorat de la ville de Conakry sur leur situation, ce, après leur déguerpissement du le long de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré.
La vice-présidente des femmes vendeuses des fruits au marché aviation, Mayenni Touré, s’est prêtée aux questions d’un journaliste d’avenirguinee.org.
A l’entame de sa prise de parole, elle a égrené les difficultés auxquelles elles sont confrontées.
« Nos problèmes actuellement sont énormes. Avant, nous étions de l’autre côté mais, le gouvernement nous a dit de quitter sans nous donner une autre place. Le maire de Matoto, Mamadouba Tos Camara, nous a aidé à avoir une partie d’ici, mais c’est insuffisant pour nous », dit-elle.
Selon elle, les conséquences sont inexplicables sur leurs marchandises. « Nos fruits se détruisent ici. Parfois un camion plein de pastèques peut venir stationner sans avoir de place pendant 2 à 4 jours. Après, on se rend compte que tout est pourri », regrette cette dame.
C’est pourquoi, poursuit-elle, « nous demandons au président Doumbouya, à travers la gouverneure de la ville de Conakry, de nous aider à avoir une place où nous pouvons faire notre vente sans problème. Ce qu’on investit dans l’agriculture est trop. On paye l’engrais à 800.000 mille fg un sac, un tractrice aller- retour est payée à 1.200.000 FNG, un camion de Maferinya-Conakry c’est 4 à 500000 000fg. Après tout ça, on vient ici puis on constate qu’il n’y a pas de place. Vous comprendrez qu’on perd beaucoup ».
La présidente des femmes importatrices des fruits de Kindia, Fatoumata Sylla (Samayah), quant à elle, parle de l’insécurité à laquelle elles font face.
« On n’est pas en sécurité dans cet endroit. Quand on était de l’autre côté, ils nous ont fait quitter sans nous donner une autre place. Aujourd’hui, nous sommes exposées à toutes sortes d’intempéries. Nous sommes exposées aux attaques à longueur de journée. Il faut que le gouvernement nous aide à avoir une place où on peut bien exercer notre commerce. C’est un fruit qu’on ne peut pas garder longtemps. Si ce n’est pas dans un endroit bien conservé, ce n’est pas bon. Mais, ce n’est pas le cas ici. Il y a beaucoup de veuves parmi nous, c’est nous qui prenons notre famille en charge. Nous interpellons les autorités à nous aider », a-t-elle lancé.

Depuis la tenue de cette manifestation de colère, aucune réaction n’a, pour le moment, été faite par les autorités à tous les niveaux.
Ibrahima Sory Camara pour avenrguinee.org



