La célébration du 02 Octobre, date anniversaire de l’indépendance de la Guinée, est une fierté pour toutes ses filles et fils par tous ils se trouvent dans le monde. C’est pourquoi les étudiants guinéens vivant en Russie (Ekaterinbourg) ont à travers une organisation amicale magnifié le panafricanisme de la Guinée et s’adressent aux politiques guinéens pour que règne la paix et la sécurité de tous ces enfants.
Ci-dessous, le discours…
En ces circonstances et aujourd’hui, je veux prendre la parole avec humilité sans prétention. Vraiment sans prétention aucune, avec l’autorisation de nos anciens ici présents, de nos aînés qui sont ici, et bien sûr avec la grande compréhension et la grande indulgence de tous mes collègues,
Chers invités, nous éprouvons un réel plaisir à nous retrouver ici aujourd’hui. Nous tenons à vous exprimer nos vifs remerciements d’avoir répondu massivement à un évènement de portée historique inspiré par des valeurs culturelles majeures sur lesquelles reposent les sociétés africaines.
En effet, le peuple de Guinée dans son cheminement à différentes époques aussi bien à son propre sein que dans ses relations de voisinage a toujours su opposer, le bouclier du dialogue, de l’échange et de la concertation aux interpellations de la passion et de l’incompréhension. Et cela pour que les poutres qui soutiennent l’édifice commun résistent à l’érosion. Chers frères et sœurs de la Guinée en venant sur une terre d’Afrique chargée d’histoire, sur une terre qui pendant longtemps a renvoyé au monde entier l’image d’un pays en marche vers le progrès confiant en lui-même, l’image du refuge des valeurs d’hospitalité légendaire, de fraternité vraie et de chaude solidarité, en venant ici, nous vous apportons notre salut fraternel.
Aujourd’hui, le peuple de Guinée égal à lui-même a choisi de s’arrêter un moment pour se regarder en face en souvenant de ce qui a été et en ayant en vue le rôle qu’il est appelé à jouer dans la sous-région, et en Afrique.
Chers frères et sœurs, en acceptant de nous retrouver dans le cadre de la célébration d’une fête nationale, nous exprimons fortement notre volonté, d’arracher notre pays, notre chère Guinée, à l’emprise de la fatalité et de l’ouvrir à la pérennité à un avenir digne de son histoire et de sa culture, nous exprimons aussi notre volonté de secouer les démons de la violence et de la haine et de nous tourner vers un avenir de paix et de concorde dédit normal de la Guinée.
Il s’agira moins de déchirer les pages de l’histoire que de les tourner que d’avancer. Il ne peut pas s’agir d’oublier mais de pardonner d’assumer ensemble les erreurs voire les fautes. Combien nous avons eu raison d’enclencher une telle dynamique, d’engager un tel processus jusqu’à cette étape il ne pourrait s’agir que d’un processus fragile avec au début des avancées incertaines quelquefois de reculs qui finiront à force de foi de détermination par être bons et décisifs. Partout vous le savez mieux que moi chers frères et sœurs partout où l’on s’est montré méprisant dans ses relations où on a substitué aux règles de l’humilité et de la tolérance, celle de l’arrogance et du rejet de l’autre frère, on est allé à l’affrontement sans issue, et les propres enfants du pays ont conduit leur pays à la catastrophe.
C’est l’Ouganda, le génocide rwandais, les bras coupés de la Sierra Leone, que cela n’arrive pas aux autres, que Dieu nous en préserve, mais cela peut exister derrière des buissons de l’intolérance. Car la catastrophe arrive vite quand on n’a pas le courage de se parler, d’échanger, de regarder l’autre, de faire confiance à l’autre si différent et si proche aux voisins si sacrés, aux amis si chers, aux partenaires si nécessaires quand tout se réduit au pouvoir et à la quête du pouvoir.
Aux problèmes politiques, il faut des vraies solutions politiques ; pas de faux fuyant. Elles
peuvent être difficiles à trouver mais nous devons les trouver ensemble à coup de
concessions, de compromis conformes à l’État de droit, de compromis démocratique. Car les problèmes politiques mal résolus finissent par prendre des dimensions régionalistes puis ethniques, puis religieuses et conduisent à l’anarchie. Il nous faut aujourd’hui dans notre pays un fond politique apaisé pour pouvoir bien aborder et résoudre les difficiles situations économiques et sociales.
Chers frères et sœurs de la Guinée, nous les étudiants guinéens en fédération de Russie, nous demeurons convaincus que l’ensemble de la société Guinéenne et singulièrement la classe politique Guinéenne saura relever le défi. Nous tenons à vous en féliciter vivement et de vous apporter le témoignage de notre soutien, de notre solidarité sans faille, de notre disponibilité pleine et entière. Jamais la Guinée, encore moins par Dieu la Guinée
démocratique n’a été et ne sera un terrain d’hostilité. La sécurité de chacun de nos voisins est notre sécurité, la stabilité de chacun de nos voisins est notre stabilité ; voyez-vous mes frères et sœurs, la Guinée c’est un peu de chacun de nos voisins. La Guinée c’est un peu de la Guinée Bissau, c’est un peu du Sénégal, un peu du Mali, un peu de la Côte d’Ivoire, un peu du Liberia, un peu de la Sierra Leone, et un peu d’autres encore. La Guinée se lie aussi à chacun de nos voisins.
Bref, nous sommes convaincus que le peuple de la Guinée saura cicatriser ses blessures, surmonter toutes ces dissensions et poursuivre sa marche entière celle d’un grand peuple, d’une grande nation vers le progrès social, économique et culturel.
Cette perspective nous réjouit profondément. Elle fera honneur à la Guinée à tous les fils, à toutes les filles du pays, chers guinéens, le pays nous appartient, il nous appelle, si nous avons la liberté, ramenons la paix, notre devoir sera d’être un modèle de l’espérance promise à l’humanité en forgeant unis dans la foi nouvelle, la patrie de la vraie fraternité, et
je note la patrie de la vraie fraternité dans la vérité, dans la tolérance, nous souhaitons plein succès aux travaux de la célébration de la fête nationale, que Dieu préserve la Guinée et ses voisins dans une Afrique responsable et prospère, que Dieu nous assiste.
Je vous remercie.



