Ce lundi 2 novembre 2026, à l’invitation du Directeur communal de l’éducation (DCE) de Matoto, une importante délégation s’est rendue au Lycée Sangoyah pour assister à la montée des couleurs. La délégation était composée du procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry, de la Directrice générale de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), Marie Gomez, ainsi que du représentant du Directeur général du Service central de protection des personnes vulnérables (SCPPV).
L’objectif de cette démarche était de sensibiliser les élèves à la présence permanente de ces patrouilles et de leur signifier les sanctions encourues en cas d’interpellation.
Lors de son intervention, la Directrice générale de l’OPROGEM, Marie Gomez, a tenu à rassurer les élèves sur les intentions des forces de l’ordre : « Nous sommes des agents chargés de l’application de la loi. Nous avons constaté ces derniers temps un mouvement inhabituel autour des établissements scolaires. L’intervention des forces de l’ordre relève de notre mission régalienne. L’article 39 du Code de l’enfant rappelle les devoirs fondamentaux de l’élève ainsi que les obligations de l’État. Toutes les infractions commises en milieu scolaire, notamment l’absentéisme, sont réprimées par notre arsenal juridique.
Lorsque nous appréhendons un élève hors des classes pendant les heures de cours, cela signifie qu’il refuse d’étudier. Vous incarnez l’avenir de ce pays. Vos camarades sont en classe pendant que vous flânez dehors ; ce n’est pas acceptable. Vous devez prendre vos responsabilités pour devenir les futurs directeurs, ministres ou ambassadeurs de demain. »
De son côté, le commandant adjoint Bernard Tonguino, représentant du SCPPV, a précisé les modalités des contrôles sur le terrain : « Nous ne sommes pas vos ennemis, nous agissons pour votre protection. La loi exige que vous soyez en classe pendant les heures d’enseignement. Aucun agent ne viendra vous arrêter dans l’enceinte de l’école ni avant l’heure de rentrée de 8 heures. En revanche, après 8 heures, tout élève trouvé dehors sera interpellé.
Nous savons aussi que certains tentent de contourner le dispositif en retirant leur tenue scolaire pour la cacher dans leur sac. Sachez que nous procéderons désormais à la fouille des sacs à dos suspects. Pour réussir et accéder aux fonctions de cadre, il faut être assidu en classe. »

Prenant la parole, le procureur spécial près le tribunal pour enfants, M. Cécé Avy Gamy, a salué les efforts du DCE de Matoto tout en appelant les responsables d’établissements à réorganiser leurs emplois du temps pour supprimer les heures creuses propices au vagabondage : « Les responsables d’établissements doivent veiller à la régularité et à l’assiduité des enseignants. Nous constatons parfois des emplois du temps inadaptés, avec des plages d’heures creuses qui incitent les enfants à déambuler. Les séances d’éducation physique et sportive (EPS) doivent être programmées le samedi et non en plein milieu de la semaine.
Par ailleurs, nous serons intraitables face aux cas de harcèlement ou d’abus commis au sein des écoles. Toutes les infractions commises dans les concessions scolaires seront réprimées avec la plus grande énergie. »
Le procureur a également rappelé la responsabilité des parents et les sanctions prévues : « Tout élève interpellé s’expose à des travaux d’intérêt général au sein de l’établissement, comme le nettoyage complet des locaux. De plus, les parents d’élèves réfractaires feront l’objet de poursuites judiciaires. Nous avons déjà commencé à juger certains parents. À partir de 7 h 45, les abords des écoles doivent être dégagés et tout le monde doit être en classe à 8 h 00. J’invite enfin les encadreurs à trouver immédiatement des remplaçants en cas d’absence ou de maladie d’un professeur. »

Le Directeur communal de l’éducation (DCE) de Matoto, Sékou Kaba, a exprimé sa reconnaissance envers les autorités judiciaires et policières : « J’adresse mes sincères remerciements au Procureur spécial. Auparavant, nous n’avions pas les moyens d’intervenir auprès des élèves qui s’éloignaient de nos établissements. Cette mesure nous aide à maintenir la discipline et à garantir un encadrement efficace. Les parents doivent être rassurés : lorsque leurs enfants quittent le domicile, leur seule destination doit être l’école. Nous les invitons également à effectuer des visites de suivi régulières. »




