Certains responsables des médias publics gagneraient à prendre exemple sur François Mara, directeur général de l’Agence guinéenne de presse (AGP). Sans faire de bruit, ce dernier a su donner une véritable valeur à son institution, notamment à travers l’équipement du personnel, le renforcement des capacités et l’amélioration des conditions de travail.
Pendant ce temps, d’autres directeurs et directrices de médias publics peinent à assurer le minimum nécessaire au bon fonctionnement de leurs services, parfois même la connexion Internet, à plus forte raison l’équipement adéquat du personnel ou l’organisation de formations pour renforcer les compétences de leurs agents. Une telle situation est tout simplement regrettable et mérite une attention particulière.
Diriger une institution publique ne doit jamais être un privilège personnel, mais une responsabilité au service de l’intérêt général. Un responsable est appelé à produire des résultats, à valoriser ses collaborateurs et à contribuer concrètement au développement de la structure qui lui est confiée. Il ne suffit pas d’occuper un fauteuil ; encore faut-il être à la hauteur des responsabilités qui y sont attachées.
Le retour du ministre Fana Soumah à la tête du département de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation intervient donc à un moment crucial, où plusieurs médias publics ont besoin de véritables leaders : des hommes et des femmes capables de servir leur institution avec loyauté, compétence et abnégation, plutôt que de se servir de leur fonction pour satisfaire des intérêts personnels.
Il est temps de mettre fin à l’immobilisme, à la gestion approximative et au manque de résultats dans certaines directions. Les responsabilités doivent être assumées et les résultats doivent pouvoir être évalués. Les institutions publiques appartiennent à la nation, et non à ceux qui les dirigent temporairement.
Le moment venu, les faits, les résultats et les responsabilités devront être examinés avec toute la rigueur nécessaire. Car soutenir le président Mamadi Doumbouya et son équipe, ce n’est pas fermer les yeux sur les insuffisances de certains responsables. Bien au contraire, c’est contribuer à la bonne gouvernance, à la transparence et à l’identification des dysfonctionnements qui freinent le développement de nos institutions.
Cette exigence de responsabilité ne concerne d’ailleurs pas uniquement les directeurs et directrices des médias publics. Certaines cheffes de cabinet au sein de différents ministères doivent également comprendre que leurs fonctions impliquent des obligations de résultats, de rigueur et de redevabilité.
La loyauté envers un pouvoir ne doit jamais servir de couverture à l’inaction. Le véritable engagement se mesure aux actes, aux résultats et au service rendu à la nation.
Il est donc temps que chacun prenne ses responsabilités. La République a besoin de dirigeants qui construisent, qui innovent et qui font avancer leurs institutions, et non de responsables qui se contentent de leurs titres sans produire les résultats attendus.
Servir l’État est un devoir. Rendre des comptes est une obligation. Et faire avancer nos institutions doit être une priorité absolue.
Par Bouka Barry
Les idées exprimées dans cette tribune n’engagent que son auteur ✍️



