Qui l’eût cru ? Le cap symbolique des 100 jours à la tête des mairies est franchi depuis plusieurs jours dans une indifférence assourdissante. Pas un bilan, pas une reddition de comptes, pas le moindre mot à l’endroit des citoyens. Un silence radio inquiétant, presque méprisant, qui tranche brutalement avec l’exercice de démocratie locale et de transparence auquel le peuple de Guinée était en droit de s’attendre.
Pourtant, la barre des 100 jours n’est pas un simple repère chronologique : elle constitue le premier véritable test de gouvernance, l’occasion idéale de présenter un premier bilan d’étape, de dialoguer avec les administrateurs et d’affirmer une vision claire pour le développement local. Malheureusement, le constat est amer : c’est le néant absolu.
Une reculade face aux délégations spéciales
Le pire dans cette léthargie est la comparaison avec le passé récent. Leurs prédécesseurs, à la tête des délégations spéciales, ne disposaient pourtant pas de l’étendue des pouvoirs accordés à des maires de plein exercice. Et pourtant, ils prenaient la peine d’organiser des conseils de quartier, d’aller à la rencontre des populations, d’affronter les questions embarrassantes et de rendre des comptes sur leur gestion.
Comment expliquer qu’aujourd’hui, des élus investis d’un mandat fort se terrent dans leurs bureaux climatisés, fuient les projecteurs et refusent le débat public ? Cette situation pose question et doit interpeller l’opinion publique nationale.
Des urgences locales ignorées, des citoyens délaissés
Ce silence est d’autant plus inacceptable que les chantiers urgents croulent sous le poids de l’ineffacité :
- L’assainissement et la salubrité : Nos villes et nos quartiers étouffent sous des montagnes d’immondices sans qu’aucune politique locale rigoureuse de collecte ou de traitement des déchets ne soit présentée.
- L’insécurité galopante : Les citoyens vivent dans la hantise de la criminalité urbaine, tandis que les polices municipales restent invisibles ou inopérantes.
- Le développement local et l’aménagement : Les voiries secondaires se dégradent, l’éclairage public manque cruellement, et l’occupation anarchique du domaine public se poursuit sans la moindre réponse structurée.
- La conduite des affaires publiques : La gestion des recettes municipales, des taxes et des marchés reste opaque, loin des exigences de redevabilité et de bonne gouvernance.
Sur tous ces sujets vitaux pour le quotidien des Guinéens, personne n’a dit mot.
Le temps des comptes a sonné
S’installer dans le fauteuil de maire ne saurait se résumer à jouir des privilèges du pouvoir local. Être maire, c’est assumer la responsabilité morale et administrative envers ceux qui subissent le quotidien de la cité.
Ce mutisme assourdissant s’apparente désormais à de la démission politique. Les maires doivent comprendre que le temps des discours vains est révolu : les citoyens n’attendent pas des figurants, mais des dirigeants capables d’affronter le réel, de communiquer en toute transparence et d’agir avec fermeté.
Sortez de vos réserves, rompez le silence et rendez des comptes aux populations ! La démocratie locale exige des actes, pas un mutisme coupable.
Fran



