Alors que l’État guinéen a lancé son emprunt obligataire 2026 pour mobiliser 2 500 milliards de francs guinéens, le président du parti CADRE, Daniel KOLIE, appelle les citoyens à mieux s’informer sur cette opération et sur les conditions de souscription. L’opération est ouverte aux particuliers, aux entreprises et aux Guinéens de la diaspora.
Pour le président du CADRE, la mobilisation de l’épargne nationale doit être comprise comme un mécanisme de financement auquel les citoyens peuvent prendre part, chacun selon ses moyens et après s’être suffisamment informé.
« Il faut que les citoyens comprennent qu’un emprunt obligataire n’est pas un cadeau fait à l’État. C’est un prêt. Le citoyen qui souscrit met son argent à la disposition de l’État dans un cadre défini et reçoit, en contrepartie, des intérêts. Il est donc important de connaître les conditions avant de prendre une décision. »
Selon Monsieur KOLIE, cette démarche s’inscrit également dans une réflexion plus large autour de la souveraineté économique.
« La souveraineté ne doit pas seulement être un mot. Elle suppose aussi que nous soyons capables de participer au financement du développement de notre propre pays. Lorsque nous mobilisons notre épargne pour accompagner des investissements nationaux, nous participons, à notre niveau, à la construction de notre économie. »
Le président du CADRE insiste toutefois sur la nécessité de s’informer avant toute souscription.
« Je ne demande pas aux citoyens de souscrire sans comprendre. Je les invite d’abord à s’informer sur le produit, ses conditions, les risques et les modalités de remboursement. Ensuite, ceux qui disposent des moyens et qui considèrent que cette opération correspond à leurs objectifs peuvent faire leur choix en toute connaissance de cause. »
Un appel à la diaspora et au secteur privé
Dans son intervention, Monsieur Daniel KOLIE s’adresse également aux Guinéens de la diaspora, aux entrepreneurs, aux investisseurs et aux hommes et femmes d’affaires.
Il estime que la diaspora constitue une composante importante de la capacité financière de la Guinée et peut, lorsqu’elle le souhaite et selon ses possibilités, participer aux mécanismes permettant de mobiliser des ressources pour le développement national.
« Nous devons également penser à notre diaspora. Beaucoup de Guinéens vivant à l’extérieur continuent d’investir et de soutenir leurs familles et leur pays. Lorsqu’il existe des instruments financiers permettant de participer au financement national, il est important qu’ils puissent au moins s’informer et apprécier eux-mêmes l’opportunité qui leur est proposée. »
Le président du CADRE encourage également les opérateurs économiques et le secteur privé à s’intéresser à cette dynamique de financement intérieur.
« Nos entrepreneurs et nos hommes d’affaires ont aussi un rôle à jouer dans la transformation économique du pays. Le développement de la Guinée ne peut pas reposer uniquement sur les ressources de l’État ou sur les financements extérieurs. Nous devons progressivement développer une culture de mobilisation de nos propres ressources. »
Accompagner les ambitions de développement
Pour Daniel, la question du financement est indissociable des ambitions affichées à travers le programme Simandou 2040, qui prévoit des investissements dans plusieurs secteurs structurants, notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la santé et l’éducation.
« La Guinée a devant elle des ambitions importantes en matière de développement. Le programme Simandou 2040 ouvre une perspective de transformation du pays. Il appartient maintenant à l’ensemble des acteurs État, secteur privé, citoyens et diaspora de réfléchir à la manière dont chacun peut contribuer, dans son domaine et selon ses capacités, à cette transformation. »
Le président du CADRE invite ainsi les citoyens à considérer l’emprunt obligataire comme un sujet économique qui mérite d’être compris au-delà des considérations politiques.
« Nous devons développer chez les Guinéens une véritable culture financière. Avant de dire oui ou non à un investissement, il faut comprendre. C’est cette responsabilité que nous devons encourager chez nos citoyens. »
L’emprunt obligataire 2026, lancé le 25 septembre, vise à mobiliser 2 500 milliards de GNF auprès de l’épargne nationale, avec une période de souscription allant jusqu’au 23 octobre 2026.



