Dans le but de défendre les communautés impactées par le barrage hydroélectrique de Souapiti, qui souffrent depuis plusieurs années d’un manque de suivi efficace, un nouveau bureau réunissant les représentants de plusieurs préfectures (notamment Dubréka, Télimélé, Kindia et Pita) a été officiellement installé ce dimanche 27 septembre à Conakry.
L’objectif visé par cette structure est de défendre les communautés affectées auprès des autorités nationales et des partenaires, d’obtenir le rétablissement de leur droite face à la Société de Gestion et d’Exploitation de Souapiti (SOGES) qui n’a pas encore finalisé l’indemnisation des victimes, et de dénoncer la précarité dans laquelle vivent actuellement les populations riveraines.
Après l’installation du nouveau bureau exécutif, le Président élu, Fodé Abdoulaye Sylla, a rappelé l’enjeu de cette rencontre : « Notre rencontre de ce matin se situe dans le cadre de l’installation du bureau exécutif de l’Union des Impactés de Souapiti. Comme vous le savez, l’Union est une organisation faîtière qui regroupe l’ensemble des impactés de quatre préfectures, à savoir Kindia, Télimélé, Pita et Dubréka. Nous avons reçu l’ensemble des représentants de ces différentes zones pour procéder à l’installation même du bureau. J’ai eu l’honneur d’être porté à la présidence. »
Interrogé sur les missions principales de cette structure, le président a apporté des précisions : « La mission de ce nouveau bureau est claire : il s’agit d’abord de procéder à une réévaluation de la situation des impactés sur le terrain, de rétablir de bonnes relations avec les institutions, notamment les instances de l’État, les ministères et les partenaires, et de renforcer la confiance entre l’Union et les impactés à la base. Notre raison d’être est de collecter des informations précises sur les préjudices subis et de les porter devant les autorités et personnes morales compétentes. Nous sommes là pour assurer la défense et la représentation des populations impactées. »
Évoquant ses priorités pour ce nouveau mandat, il a décliné sa feuille de route : « Mes premières priorités consistent à rétablir le dialogue entre nous et l’État, ainsi qu’avec la SOGES. Nous devons également renforcer notre ancrage territorial dans l’ensemble des zones touchées. Enfin, nous allons nous battre pour apporter des changements positifs, notamment en développant des projets de développement en partenariat. »
Fodé Abdoulaye Sylla a également dépeint une situation critique sur le terrain : « Aujourd’hui, la situation des impactés est très déplorable. Par endroits, il y a eu des inondations et plusieurs promesses tenues n’ont jamais été concrétisées. Le processus d’indemnisation et de compensation est totalement bloqué depuis 2021. Cela a entraîné une rupture des moyens de subsistance des populations, qui vivent désormais dans une très grande précarité. »
Pour conclure, le nouveau président a lancé un appel pressant : « Nous lançons un appel à la SOGES, à l’État et aux partenaires afin qu’ils nous viennent en aide. Il faut accepter que nous travaillions ensemble pour régler les problèmes à la base et prévenir les risques. Si les zones sont identifiées, balisées et sécurisées, nous éviterons de nouvelles inondations dans les années à venir. »

Prenant la parole au nom des sages, une personnalité locale, Elhadj Amadou Baïlo Sow, a salué la mise en place de ce bureau : « Au nom des sages, nous félicitons cette nouvelle équipe. Il faut se dire la vérité : le problème est réel aujourd’hui. Les cultivateurs et les éleveurs sont constamment en conflit parce qu’il manque de terres cultivables ; le peu d’espaces restants est disputé. Le cultivateur vit de ses champs tout comme l’éleveur vit de son bétail. Puisque la société en charge de la gestion n’a pas indemnisé toutes les victimes, les tensions persistent. Les sages sont à 100 % derrière cette équipe, nous leur accordons toute notre confiance et nous mènerons les démarches ensemble pour rétablir la communauté dans ses droits. »
Dans les prochains jours, le nouveau bureau sera présenté officiellement aux autorités administratives pour solliciter leur accompagnement dans la défense des droits des impactés de Souapiti.
Dossier à suivre.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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