Un vent de renouveau souffle sur la plus ancienne association de la presse écrite guinéenne. Après l’annulation des conclusions du rassemblement de janvier dernier, l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante – Renouveau (AGEPI-R) a organisé son congrès ce jeudi 24 septembre 2026. La rencontre s’est tenue dans la grande salle de la Haute Autorité de la Communication (HAC) sous la présidence du patron de l’institution de régulation, en présence de représentants syndicaux, d’anciens dirigeants et de pionniers du secteur.
L’issue du scrutin à bulletin secret a consacré l’élection d’Aboubacar M’Mah Soumah à la tête de l’organisation pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois.
Prenant la parole dès l’annonce des résultats du dépouillement, le nouveau président a mesuré la portée de sa fonction : « Cette élection n’est pas pour moi une victoire personnelle, c’est une responsabilité qui nous engage tous. Avec les 9 membres du bureau exécutif, nous recevons cette mission avec humilité, détermination et le souci de servir l’ensemble des membres de l’AGEPI-R. »
Définissant les priorités de son mandat, Aboubacar M’Mah Soumah a placé l’unité et la restructuration au cœur de son discours.
« Notre priorité sera de rassembler. Rassembler les éditeurs autour de l’essentiel, rassembler les professionnels autour de la défense de notre métier, rassembler les énergies pour construire une presse indépendante, professionnelle, responsable et économiquement viable. Nous voulons une AGEPI-Renouveau qui écoute ses membres, qui défend leurs intérêts, qui dialogue avec les institutions et qui soit une véritable force de proposition pour le développement de la presse guinéenne. »
Face aux défis majeurs du secteur fragilité économique, transition numérique, besoins de formation et respect de la déontologie, le président élu entend collaborer avec les régulateurs et les aînés de la profession. Promettant une gouvernance axée sur la transparence, il a officiellement scellé la fin des tensions passées : « L’incompréhension qui a tant affecté le bon fonctionnement de notre association prend fin aujourd’hui. Je tends la main à tous. Unissons nos forces pour construire notre maison commune. »
Cette démarche de rassemblement a reçu un écho favorable de la part des anciens responsables.
Moussa Iboun Conté, ancien président de l’AGEPI, s’est réjoui de cette dynamique de conciliation : « C’est une excellente initiative. Il faut reconnaître que la Haute Autorité de la Communication devait soutenir cette œuvre de réconciliation. L’AGEPI est la maison mère de la presse indépendante dans notre pays et personne n’a le droit de la laisser mourir. Les anciens présidents se sont mobilisés pour épauler cette nouvelle génération afin que l’AGEPI retrouve la place qui est la sienne dans le paysage médiatique guinéen. »
Le président de la HAC, Yacine Diallo, est intervenu pour rappeler l’équipe dirigeante à ses devoirs, insistant sur la rigueur institutionnelle et le rôle prépondérant de la presse écrite : « J’ose espérer que ceux qui ont parié sur la mort de la presse écrite guinéenne se sont trompés. Une association dont les instances ne fonctionnent pas est morte-née. Je confie l’AGEPI-Renouveau à trois doyens : Hassan Kaba, Boubacar Fofana et Iboun Conté. Si l’association échoue, je vous en tiendrai pour responsables. »
Insistant sur la concertation avec les autres structures professionnelles, le président de l’organe de régulation a conclu sur la nécessité d’une équité stricte, notamment lors du partage des subventions destinées aux médias : « Vous devez être justes et honnêtes entre vous. Si vous privilégiez les amitiés, vous échouerez. Que votre adversaire ait un journal de qualité, donnez-lui le maximum. Il y va de votre crédibilité. »

Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org



