Quatre mois après l’incendie du grand marché, les difficultés persistent pour les commerçants. Alors que les travaux de reconstruction tardent à se concrétiser, plusieurs vendeurs ont investi les abords du marché et occupent désormais la chaussée pour exercer leurs activités. Cette situation entraîne un encombrement de la voie publique et complique davantage la circulation des usagers. Notre correspondant basé à N’Zérékoré est allé à la rencontre de certains citoyens pour recueillir leurs témoignages.
Interrogé, Zézé Koïvogui, un diplômé exerçant comme conducteur de moto-taxi, se dit très mécontent de l’état du trafic : « La circulation est bloquée, on ne peut même plus traverser. Quand on prend un client, on peut mettre 30 minutes avant de passer. Nos mamans ont envahi la route avec leurs marchandises, ce qui fait que nous, les taximards, ne pouvons plus travailler comme nous le souhaitons », a-t-il expliqué.
Dans la foulée, il implore l’État de hâter les travaux de reconstruction afin que les commerçants regagnent le marché et que la route soit libérée, ou de trouver rapidement un autre site : « Sinon, la situation sur la route du grand marché devient insupportable. »
De son côté, Seny Lamah, commerçante, évoque le manque d’espace : « Nous n’avons pas d’autre choix que d’occuper la route, parce que nous n’avons nulle part où vendre. Si l’on reste à la maison, qu’allons-nous manger ? Comment allons-nous nourrir nos enfants ? La rentrée scolaire approche et les enfants réclament leurs fournitures. C’est la raison pour laquelle nous prenons le risque d’occuper la voie publique pour revendre, peu importe les difficultés rencontrées avec les conducteurs de taxis. Nous avons même divisé la chaussée en deux parce que nous n’avons nulle part où aller. Nous souffrons franchement », a-t-elle déclaré.
Elle lance un appel aux autorités pour leur venir en aide : « Que les autorités, l’État et les institutions nous viennent en aide afin de nous trouver un emplacement ou de construire rapidement le site qui avait été proposé pour les commerçants. Sinon, nous continuons de souffrir », plaide Mme Seny Lamah.

De N’Zérékoré, Alphonse Philippe Traoré pour avenirguinee.org



