L’angoisse est à son comble pour les proches de Mamadou Nabika Bah et d’Ousmane Baldé. Ces deux marchands de bétail guinéens, partis à Bamako pour s’approvisionner en moutons en prélude à la fête de Tabaski 2026, n’ont plus donné de signe de vie depuis les événements tragiques du 25 avril dernier au Mali. Selon leurs familles, ils auraient été interpellés à l’entrée de la ville-garnison de Kati.
Après 4 mois et 13 jours d’attente insoutenable, l’inquiétude reste vive au sein des deux familles, toujours sans nouvelles de leurs proches.
Ce lundi 7 septembre 2026, notre rédaction a rencontré l’un des fils d’Ousmane Baldé. Sous le choc et les larmes aux yeux, Mamadouba Baldé a exprimé la détresse des siens tout en interpellant les autorités guinéennes et maliennes pour qu’elles les aident à retrouver leurs parents. Il est revenu sur les circonstances de cette disparition : « Cela fait 4 mois et 13 jours aujourd’hui que nous sommes sans nouvelles de notre père et de son ami. Nos parents sont des marchands de bétail qui se rendent régulièrement au Mali pour acheter des animaux avant de revenir les revendre en Guinée. C’est dans ce cadre qu’ils sont partis à la veille de la fête de Tabaski 2026. Ils ont quitté la Guinée dans la nuit du jeudi 23 avril et sont arrivés à Bamako le 24 avril. Le lendemain matin, ils se sont rendus au marché hebdomadaire de la ville de Kati, située non loin de la capitale. Leur présence a coïncidé avec les événements survenus là-bas le 25 avril, et ils ont été interpellés le matin même. Mon père a juste eu le temps de passer un court appel pour nous informer qu’ils étaient interpellés vers Kati. Depuis lors, c’est le silence radio. »
Interrogé sur l’identité de ceux qui les ont arrêtés (forces de sécurité ou groupes armés), le fils précise : « Lors de son appel très rapide à un de ses amis, mon père a simplement dit qu’ils étaient interpellés à Kati avant que la communication ne coupe. Nous ignorons par qui. Dès que nous avons été informés par le syndicat des vendeurs de bétail, nous avons contacté le ministère des Affaires étrangères le jour même. Le ministère a aussitôt instruit à l’ambassade de Guinée au Mali de mener des recherches. L’ambassade s’est investie, mais jusqu’à ce jour, nous n’avons aucun résultat concret. Au cours des investigations, nous avons appris que l’ambassade avait réussi à faire libérer d’autres Guinéens qui étaient également arrêtés. Mais concernant nos parents, aucune nouvelle. Tout ce que nous savons de sources informelles, c’est qu’ils auraient été arrêtés par une unité d’élite malienne et qu’ils y seraient toujours détenus. »
Mamadouba Baldé a également décrit l’impact dramatique de cette disparition sur le quotidien du foyer : « La famille traverse un moment très difficile. Imaginez un père qui a toute une famille à sa charge et qui disparaît pendant plus de quatre mois : l’impact est lourd à tous les niveaux. Mais nous gardons espoir. Ce sont des pères de famille, pas des criminels. Ce sont des personnes identifiables et bien connues, en Guinée comme au Mali, où ils commercent depuis plus de 20 ans. Ce ne sont pas des inconnus. Nous espérons que les autorités ou les personnes qui les détiennent entendront notre cri du cœur et les libéreront, ou du moins nous donneront des informations sur leur sort. »
Pour conclure, il lance un appel pressant aux autorités guinéennes, notamment au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya : « Aujourd’hui, notre détresse est immense. C’est pourquoi nous demandons au ministère des Affaires étrangères, à travers ses canaux diplomatiques, de nous aider à retrouver nos parents. Nous savons que des efforts ont été fournis, mais l’État dispose de leviers diplomatiques plus forts qui peuvent être activés pour accélérer le processus et ramener nos pères sains et saufs. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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