Deux jours après l’annonce de l’homologation temporaire du stade du 28 Septembre par la CAF, le ministère des Sports, dirigé par M. Mamadou Cellou Baldé, a tenu une conférence de presse au stade de Nongo. Entouré de son cabinet, du secrétaire général de la FEGUIFOOT et des représentants des entreprises en charge de la rénovation, le ministre a fait le point sur la situation et sur l’avancement des travaux dans les deux principales enceintes de la capitale.
Interrogés à l’issue de la rencontre, plusieurs journalistes sportifs ont exprimé leur satisfaction face aux efforts consentis par les autorités. Ils appellent néanmoins à une accélération des chantiers en vue d’obtenir une homologation définitive, à l’approche des éliminatoires de la CAN 2027 et du coup d’envoi des compétitions interclubs de la CAF, dans lesquelles le Horoya AC et le Hafia FC sont engagés.

Pour Mohamed Lamine Touré, cette décision est une excellente nouvelle après plus de cinq ans d’exil sportif : « C’est un vrai sentiment de satisfaction. Cela fait plus de cinq ans que nous ne jouons plus à Conakry, avec toutes les conséquences que cela implique. Sur le plan sportif, évoluer loin de ses supporters diminue fortement les chances de qualification. Sur le plan organisationnel et financier, c’est extrêmement lourd : location d’hôtels, de bus, de terrains d’entraînement, sans parler de la logistique pour les supporters. Revoir le Syli National évoluer à Conakry est une grande avancée, même si jouer à domicile ne garantit pas la victoire. Cependant, une homologation temporaire implique des réserves. Il reste des détails à régler et il faut se mettre au travail dès maintenant pour obtenir une homologation définitive. »
Le journaliste salue la continuité de l’action publique tout en rappelant la rigidité des exigences de la Confédération Africaine de Football : « Il faut féliciter tous les ministres qui se sont succédé sur ce projet. C’est sous le magistère de M. Cellou Baldé que le stade est temporairement homologué, mais ses prédécesseurs ont également œuvré en ce sens. Le ministre nous a affirmé que le stade Général Lansana Conté de Nongo pourrait également être homologué d’ici les trois derniers mois de l’année. Ce sont de bonnes nouvelles, mais le travail sur le terrain doit être continu. Si nous ne respectons pas l’intégralité des critères lors des prochaines inspections, la CAF peut retirer son homologation à tout moment. Il faut une synergie d’efforts entre les ministères des Sports, de la Sécurité et de la Santé pour réussir ce pari. ».
De son côté, Djibril Camara rejoint ce sentiment de soulagement tout en soulevant des points critiques : « L’État a énormément investi et le résultat est désormais palpable au stade du 28 Septembre, notamment avec la pose de la pelouse naturelle et le désencombrement des abords du stade. Nos joueurs, dont certains n’ont encore jamais évolué devant leur public en sélection, comme Sehrou Guirassy, vont revenir avec une motivation décuplée. Dans un groupe éliminatoire relevé pour la CAN 2027 aux côtés de l’Afrique du Sud, du Kenya et de l’Érythrée, jouer nos matchs à domicile est une condition essentielle. »
Toutefois, le journaliste pointe du doigt la question cruciale des terrains d’entraînement et la stratégie concernant le stade de Nongo : « La question de la gestion et de la capacité du stade a été clarifiée, mais le vrai bémol reste l’absence de terrain d’entraînement homologué à proximité. La deuxième option proposée est le terrain de Khorira. Mais au vu des embouteillages pour rejoindre Conakry, est-ce vraiment viable pour les équipes adverses et les clubs engagés ? L’État doit revoir son cahier des charges et rénover l’annexe du stade du 28 Septembre pour permettre aux équipes de s’entraîner sur place.
Concernant le stade de Nongo, je ne partage pas l’idée d’y installer d’abord un gazon synthétique pour dépanner, avant de le remplacer plus tard par une pelouse hybride si des problèmes surviennent. Même si les travaux doivent prendre un an de plus, optons directement pour une solution durable, qu’elle soit naturelle ou hybride, pour éviter le gaspillage de temps et de ressources. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org



