CONAKRY– C’est un réveil brutal et empreint d’angoisse pour les habitants du secteur de Néribounyi, dans la commune de Lambanyi. Ce jeudi 4 juin 2026, tôt le matin, un bâtiment de type R+1 s’est intégralement effondré, relançant avec force le débat sur la sécurité des constructions et la gestion environnementale dans la capitale guinéenne.
L’immeuble en question, érigé au sein de la concession de feu Mamadi Diaby, n’était pas une simple habitation. Il abritait une unité de production d’eau minérale, une activité économique locale importante qui employait jusqu’ici plusieurs jeunes du quartier.
Si le sinistre a plongé le secteur dans la stupéfaction, le drame n’était pourtant pas totalement imprévisible. Selon Mohamed Fofana, chef du secteur de Néribounyi, des alertes sérieuses avaient été observées depuis plusieurs semaines.
« Nous avions constaté de petits tremblements ainsi que des fissures sur plusieurs bâtiments. Une équipe de la télévision nationale était même venue faire des constats et les propriétaires avaient été informés des risques. Mais l’effondrement de ce matin nous a tous surpris », a-t-il témoigné avec gravité chez nos confrères de l’AGP.
Sur l’origine de ce sinistre, les regards se tournent vers un phénomène de plus en plus récurrent à Conakry : l’exploitation incontrôlée des nappes phréatiques. Pour le chef de secteur, la prolifération anarchique des forages dans la commune pourrait avoir déstabilisé les fondations du bâtiment et le sol environnant. Bien que cette hypothèse technique reste à être confirmée ou infirmée par des expertises officielles des autorités compétentes, elle suscite déjà de vives inquiétudes au sein de la communauté.
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a encore fait état d’éventuelles victimes ou de blessés piégés sous les décombres.
Face à l’imminence de nouveaux risques, la tension reste vive à Néribounyi. Sur le site du sinistre, les riverains lancent un appel pressant à l’endroit des autorités communales et ministérielles. Ils réclament une intervention d’urgence pour sécuriser la zone, évaluer l’état des bâtiments voisins également fissurés, et protéger les familles d’un potentiel affaissement de terrain à plus grande échelle.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



