Le 31 mai prochain, les électeurs guinéens se rendront aux urnes pour un double scrutin crucial : élire les nouveaux députés à l’Assemblée Nationale ainsi que les maires des différentes communes du pays. Dans la commune de Matam, la campagne électorale bat son plein. Parmi les prétendants à la mairie, un candidat indépendant se distingue par son approche managériale et technocratique. M. Senkoun Kourouma, tête de liste de l’initiative « Osons », nous a accordé un entretien exclusif ce jeudi 21 mai.
Porté par une solide expérience dans la digitalisation et le développement local, il détaille ses ambitions pour transformer radicalement la gouvernance et l’image de Matam.
AvenirGuinée : Qu’est-ce qui motive votre candidature indépendante à la mairie de Matam pour ce scrutin du 31 mai ?
M. Senkoun Kourouma : Notre candidature est portée par l’initiative « Osons : une ambition pour la commune ». Elle s’inscrit dans la territorialisation de la vision nationale impulsée par le Chef de l’État, le Général de Corps d’Armée Mamadi Doumbouya, en termes de refondation de la gouvernance, de mise à disposition d’infrastructures utiles et surtout de valorisation du capital humain, qui sera au cœur de notre action politique.
Après plusieurs années d’expérience dans les télécommunications et le développement local, j’ai estimé, en accord avec des collègues qui sont aussi des acteurs sociaux et économiques de Matam, qu’il était temps de prendre nos responsabilités. La prise de responsabilité est essentielle pour opérer un changement de paradigme. Quand nous regardons notre commune, nos quartiers, nos familles, le constat est unanime : il y a un ras-le-bol général face au désordre, à la désorganisation et au sentiment d’abandon des populations. Pour changer radicalement les choses, nous devons nous-mêmes diriger cette commune. Nous sommes les plus aptes, opérationnellement, à traduire l’ambition nationale en réalités concrètes à Matam.
Justement, quel regard portez-vous sur la gestion actuelle de la commune ?
Soyons lucides et assumons-le pleinement : la gouvernance actuelle n’est ni transparente, ni efficace, et elle ne profite pas aux populations. Le ras-le-bol des citoyens est légitime. Ils sont fatigués d’entendre parler de désordre et de constater l’absence d’opportunités pour les jeunes et les femmes.
Aujourd’hui, l’économie locale n’est pas sécurisée, ce qui entraîne une déperdition massive des ressources collectées par la commune. Notre ambition est de transformer cette gestion. Nous ne venons pas pour utiliser les ressources communales à des fins personnelles, mais pour en faire une utilisation efficiente, transparente, palpable et visible pour tous les citoyens.
Quelles sont les solutions concrètes que vous comptez apporter à Matam ?
La commune de Matam ne manque ni d’idées, ni d’initiatives, ni de ressources humaines. Le vrai problème réside dans l’approche stratégique pour articuler toutes ces forces disponibles.
Nous ne venons pas vendre du rêve. Nous allons d’abord activer les leviers légaux existants. L’Administration centrale a opéré un transfert de 14 compétences clés aux collectivités. Ce sont des outils majeurs pour amorcer un développement cohérent. En plus de cela, nous proposons des mécanismes financiers structurants :
• Un Fonds d’investissement local ;
• Un Fonds de garantie locale ;
• Un Fonds d’assistance dédié aux femmes et aux jeunes.
Nous voulons aussi redonner du pouvoir aux structures de base en renforçant l’autonomie des quartiers, car le développement doit se faire au plus près des populations.
« Pour résumer : nous utiliserons de façon efficiente les instruments que l’État met à disposition, nous introduirons des fonds de soutien locaux, et nous moderniserons la gestion pour améliorer durablement le cadre de vie des citoyens de Matam. »
Vous parlez de sécuriser les recettes de la commune. Comment comptez-vous vous y prendre concrètement ?
La clé de voûte de notre programme, c’est la digitalisation. Sans une capacité optimale de mobilisation des recettes intérieures, aucune des solutions que nous proposons ne pourra voir le jour. La traçabilité des ressources et la sécurisation des paiements passeront obligatoirement par le numérique.
Pour ceux qui connaissent mon parcours, c’est mon domaine d’expertise. Je travaille actuellement aux côtés de l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités) en tant que directeur de projet pour la digitalisation de la gestion budgétaire et financière de l’ensemble des collectivités de la Guinée. Cette plus-value et cette expérience technique, je vais les mettre entièrement au service de notre commune pour stopper la déperdition financière et maximiser notre budget d’investissement.
Quel est votre message de fin à l’endroit des électeurs de Matam à quelques jours du vote ?
Je demande à l’ensemble des citoyens de Matam de se munir de leur carte d’électeur et de se rendre massivement dans les bureaux de vote le 31 mai prochain. Choisir les hommes et les femmes qui vont diriger votre collectivité pour les cinq prochaines années est l’une des plus grandes responsabilités citoyennes. Prenez le temps de lire les projets présentés, d’analyser les visions, les valeurs et les principes dégagés par chaque candidat.
Le 31 mai, j’invite les populations à voter massivement pour la liste indépendante de l’initiative « Osons ». Le processus sur le bulletin est très simple : repérez le candidat numéro 5. Vous y verrez ma photo, celle de Senkoun Kourouma, avec le logo bien connu de notre mouvement. Osons le changement pour Matam !
Entretien réalisé par Ibrahima Sory Camara et Sona Sylla pour avenirguinee.org
Contact Rédaction : 621 26 99 81



