Comme à l’accoutumée, à chaque début de saison pluvieuse, le problème de l’insalubrité refait surface à Conakry. Les quartiers populaires, les rues et les marchés sont souvent inondés en cette période, provoquant ainsi des pertes en vies humaines.
Dans un entretien exclusif accordé à la rédaction d’Avenirguinee ce lundi 18 mai à Conakry, M. Moussa Sangaré, coordinateur de la Coalition nationale des organisations de la société civile guinéenne (CONASOC), a partagé ses analyses vis-à-vis de ce phénomène tout en proposant des pistes de solution.
Selon l’acteur de la société civile guinéenne, l’insalubrité est un problème causé par la population elle-même, qui doit faire face à ses responsabilités :
« Le véritable problème de l’insalubrité, c’est nous, la population, puisque nous sommes responsables de tout ce qui se retrouve dans les caniveaux et dans nos rues, et c’est cela qui provoque les inondations. Il y a une synchronisation qui doit être faite entre l’État et la population, parce que curer les caniveaux aujourd’hui pour les revoir bouchés demain, cela rend très difficile le fait de faire avancer le pays et de prévenir les catastrophes. Les PME [de collecte d’ordures] sont partout dans le pays ; il faut que le Guinéen acquière la culture de payer pour faire évacuer ses ordures, tout comme il le fait pour avoir de l’eau et de l’électricité », a-t-il affirmé.
Poursuivant son propos, M. Sangaré a proposé plusieurs pistes de solution, tout en estimant qu’une bonne organisation de la part de l’État pourrait nous conduire à un Conakry plus propre où il fait bon vivre :
« Nous pouvons faire comme le Rwanda : là-bas, il n’y a pas de plastique, mais des papiers biodégradables. Pour commencer, il faut sensibiliser la population au civisme. Il faudrait que des poubelles soient installées dans chaque coin de Conakry et vidées à temps. Les élus locaux, à leur tour, doivent surveiller pour empêcher les citoyens de revenir salir ; ainsi, il y aura moins de dégâts. Il faut des commissions pour superviser cela au niveau du gouvernorat de la ville de Conakry. Il faut aussi démolir toutes les maisons construites dans le lit des cours d’eau. Enfin, l’État doit sanctionner par des taxes les familles qui salissent leur environnement, parce que le Guinéen a peur de cela et que c’est ce qui le fera changer », a-t-il proposé.
À rappeler que si rien ne change, chaque hivernage reviendra avec son lot d’inondations et de maladies infectieuses inévitables.
Sona Sylla pour Avenirguinee



